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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:35

hemicycle-2012.jpgJamais la droite n'aura eu aussi peu de siège depuis 1981.

Jamais la gauche charentaise n'aura aussi largement remporté ses victoires.

Parmi les 36 élus du premier tour, deux viennent de nos circonscriptions.

 

C'est peu dire que d'admettre qu'il s'agit d'une claque. Claque collective pour la droite et le centre, mais il est vrai qu'il y a une logique institutionnelle : les législatives sont la confirmation du choix des présidentielles.

Claque pour la droite charentaise, sous des formes diverses: qu'il y ait eu ou non candidat unique pour la droite et le centre, la gauche est loin devant.

Claque personnelle: je n'ai pas réussi à faire entendre une proposition politique basée d'abord sur l'enracinement local. Le vote national a été plus fort que jamais. La question de ses élections fut assez simple: PS, UMP ou FN... le reste n'existe pas!

 

Chez certains, les commentaires sont rudes. Seul le résultat compte. S'il est faible, c'est donc que le candidat l'était. Point final.

Je prends acte de toute cette colère ou de la déception.

L'espace d'un instant il m'arrive pourtant de penser que tout cela est un peu rapide. Comment faire alors que 83% des Français trouvent leurs élus corrompus et que 50% préfèrent ne plus voter? Faut-il se résoudre à des démarches nationales? Faut-il s'en remettre aux seules logiques partisanes et à la bipolarisation? Ceux qui critiquent aujourd'hui ont ils bougé un petit doigt pour tenter de nouvelles propositions? Un jour ou l'autre, il y aura bien d'autres chemins à proposer. L'heure est à la modestie et à l'écoute pour bien choisir le nouveau cap.

 

Dans ce contexte de domination très marquée de la gauche, il est clair que chacun doit se remettre en question. Pour ce qui me concerne, je ne m'exclus pas de l'exercice nécessaire de remise en cause.

Cette campagne m'aura permis de m'enraciner dans la politique charentaise. Il faut voir les choses en face: vouloir des candidats qui soient un peu connus c'est aussi accepter qu'ils aient à faire leurs armes. Vouloir des élus enracinés, c'est aussi accepter qu'ils prennent racines.

Au-delà de scores décevants, je ne cesse de voir des personnes qui me disent en substance "Vous êtes dans le vrai pour votre travail de fond et votre exigence de présence dans la durée; mais vous devez vous unir". C'est très clairement ma feuille de route des prochains mois.

 

Mais, dans la tornade, il faut aussi voir des points positifs. L'espace d'un mois, une équipe est née. Pour beaucoup, c'est leur premier engagement. Alors que l'on constate une telle défiance pour la politique et des records d'abstention, cet enthousiasme est un signe. Je remercie encore chaleureusement tous ceux qui y ont pris part. Nous aurons prochainement l'occasion de nous revoir pour parler de l'avenir.

Le temps d'une campagne, les électeurs observent les candidats. Souvent ils les accusent de n'être visible et présent que pour les élections. Aller à nouveau à leur rencontre, c'est leur dire que "le canard est toujours vivant" et que mon engagement n'est pas temporaire. Jeudi soir pour l'inauguration d'un nouveau bistrot place des Halles, ce week-end sur trois marchés de la ville, samedi soir pour la Fête de la St Jean du Petit Fresquet, j'ai pu mesurer que la persévérance est une étape nécessaire de la vie politique.

 

Quelques clins d'oeil qui me portent actuellement:

Ce mot d'un conseiller régional de gauche cet après-midi : "j'ai eu une pensée pour toi dimanche car c'était  vraiment inattendu!".

Ce sms d'un angoumoisin "ne te décourage pas, tu es dans le vrai!".

Enfin cette réponse tranquille de mon fils à des "grandes" de cinquième venues se moquer du score de son père pendant la récréation : "ils n'ont qu'à être candidats vos parents!" ... j'avoue ma fierté devant sa répartie qui me fait penser à Kipling : "Tu seras un homme mon fils!"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Vincent YOU
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commentaires

Faivre 21/06/2012 09:01


"Au-delà de scores décevants, je ne cesse de voir des personnes qui me disent en substance "Vous êtes dans le vrai pour votre travail de fond et votre exigence de présence dans la durée; mais
vous devez vous unir". C'est très clairement ma feuille de route des prochains mois"....


Cette union aurait dû se faire dès le premier tour des élections présidentielles. L'échec de la droite tient en partie à la dispersion des candidatures. A bon entendeur

vincentyou.over-blog.com 21/06/2012 18:37



En l'occurence il me semble que l'union à droite pour les présidentielles a été particulièrement large... non?


je ne partage pas cette lecture qui me semble trop facile, désolé!


En Charente, on a perdu dès le premier tour dans deux circo différentes: une avec un candidat unique , l'autre non. Le qualifié pour le second tour l'a été malgré un concurrent. La question de
fond c'est de pouvoir exprimer de la diversité sans s'entre-tuer et d'avoir des candidats qui travaillent en amont et dans la durée.


Pardon de souligner que la gauche gagne en ayant plusieurs candidats au premier tour...


 



sebL 19/06/2012 19:10


La proportionnelle est vivement recommandée si nous voulons que l'assemblée nationale soit à l'image de la diversité française. Sauf à vouloir favoriser les carriéristes politiques et le
bipartisme. Beaucoup trop de candidats à droite, une démarche peu lisible. Mieux vaudrait envisager des primaires avant les municipales. Vous avez plus votre place à l'UMP ou à la tête d'une
liste aux municipales dépassant les clivages (sans étiquette). Si le christianisme social et le PCD riment avec dignité humaine, je ne suis pas certain que les électeurs tentés par le bien
fondé de vos analyses et de vos propositions franchissent le cap idéologique du parti fondé par une dame trop dogmatique. A bientôt, amicalement :)

vincentyou.over-blog.com 21/06/2012 18:32



Je crois que j'ai surtout fait l'expérience qu'il est extrêmement difficile de porter un projet politique sans être réduit à une étiquette. Je trouve cela malheureux même si c'est une conséquence
directe d'un bipartisme profondèment inscrit dans nos institutions.


Les municipales c'est autre chose! La logique nationale s'efface beaucoup plus. Les écuries ne suffisent pas. Il faut choisir quelqu'un que l'on connaît. Il est donc utile d'avoir déjà un début
d'enracinement. Et il est préférable de pouvoir montrer que la ligne politique que l'on souhaite porter n'est pas que le calque d'une ligne parisienne.


A suivre...