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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 16:51

collectif---digne-la-vie.jpgDe temps à autre, les débats parlementaires prennent un visage particulier. On sort du droite-gauche, pour aller sur des questions de fond... et les votes prennent une autre portée.

Hier au Sénat, il y a eu un débat de haute tenue sur la question de l'euthanasie. Haute tenue, mais grande confusion dans les votes.

Il s'agissait de voter pour une loi sur "l'assistance médicalisée à mourir". La commission du Sénat l'avait adoptée, montrant que certains centristes du Sénat faisaient basculer la majorité.

Pendant toute  la semaine, nous avons vu une extraordinaire mobilisation des soignants, des associations et des responsables politiques pour éclairer un choix qui ne pouvait pas relever d'un vote en catimini.

 

Personnellement, j'aime bien quand les lignes bougent et que les consciences prennent le dessus sur les consignes de vote. Ici c'est un cas d'école!

Le texte présenté est cosigné par trois sénateurs: Godefroy (PS), Fischer (PCF) et Fouché (UMP)... ce dernier étant notre voisin de la Vienne.

Parmi les partisans du texte: Jean-Luc Roméro, qui fut longtemps membre du RPR et de l'UMP et a choisi de passer au PS il y a quelques mois; la majeure partie des sénateurs du PS dont nos deux charentais Bonnefoy et Boutant, en accord avec Martine Aubry mais aussi Valérie Létard, ex-membre du gouvernement et élue Nouveau Centre du Nord...

Parmi les opposants: le PCD, la majeure partie de l'UMP, dont JP Raffarin et C. Belot, mais aussi Ségolène Royal qui a fait part des ses "grandes réserves"...

 

Soins-20palliatifs.jpgLa question n'est pas simple et elle nécessite une précision: vouloir l'euthanasie ce n'est pas seulement vouloir stopper les souffrances. Refuser l'euthanasie, ce n'est pas vouloir la souffrance.

Beaucoup d'entre nous sont marqués par des deuils familiaux qu'ils ont traversés entre souffrances extrêmes, sentiment d'abandon et attente sans fin.

Pour ma part, je parle ici comme cadre hospitalier, j'ai eu à mettre en place des services et équipes de soins palliatifs. J'ai vu une réponse, un accompagnement et une capacité à accompagner le malade vers la mort.   Je tiens ici à saluer tous ces professionnels et bénévoles qui rendent cet accompagnement possible, même si il est clair que cette alternative crédible n'est pas encore suffisamment déployée. Je tiens à dire aussi que refuser l'euthanasie, c'est aussi refuser l'acharnement thérapeutique, cette tendance (que nous avons trop souvent eue) à faire durer les soins alors que l'espoir est vain et la fin inéluctable.

A l'inverse, je reste convaincu  qu'une législation qui autorise la mise à mort est une démission de notre humanité... un sondage récent manifeste que nous sommes encore majoritaire à le penser.

 

Pour reprendre les justes mots d'Emmanuel Hirsch : "plutôt que de considérer la dépénalisation de l'euthanasie comme l'expression moderne de la liberté, ne conviendrait-il pas d'accorder plus d'attention et de témoigner une autre disponibilité aux personnes en attente d'humanité, là où on leur propose la mort comme unique solution?"

Hirsch préside le collectif Plus Digne la vie, dont je connais plusieurs membres fondateurs et dont je suis signataire.

Quid des avis des autres élus charentais? Nos quatre députés voteront-ils cette fois dans le sens de S.Royal et dans le sens du gouvernement ou comme leurs collègues sénateurs? réponse dans quelques semaines lorsque le texte passera à l'Assemblée Nationale...

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