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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:50

g20.jpgLes images de Cannes nous parviennent par flots continus. Au delà du ballet des délégations, le contexte financier européen nous montre bien que les lieux de pouvoirs se déplacent. Dans la globalisation actuelle, les Etats semblent contournés de toutes parts et l'on se demande si il reste une place pour la volonté politique et citoyenne.

 

A mon sens, le succès de ce sommet pourra être mesuré sur trois critères:

 

1/ la France a-t-elle su faire accepter la nécessité d'une régulation financière? Même minime ou seulement européenne il s'agirait d'une réelle avancée. L'enjeu est celui la maîtrise de la spéculation donc du primat des choix politiques sur la virtualité financière... la France était isolée mais l'Allemagne semble s'être rapprochée ... il y  a  17 autres pays (+  l'Union Européenne) à convaincre...

2/ la France a-t-elle su construire des outils de maîtrise de la volatilité des matières premières? La aussi, notre pays est en pointe et l'enjeu considérable: les impacts se traduisent tant dans la faim d'un milliard de personne que dans la crise de notre agriculture...

3/ la France a-t-elle su convaincre que l'on ne pouvait plus accepter une globalisation hémiplégique basée sur le "moins disant social"? Va-t-on modifier le fonctionnement des règles du commerce mondial? va-t-on reconnaitre d'autres normes universelles que celles du commerce? va-t-on imposer aux multinationales, qui ont des chiffres d'affaires supérieurs au PIB de certains Etats, d'être exemplaires et d'avoir un sens global (donc aussi social et environnemental) de leur responsabilité?

 

J'ai assisté en mai dernier à une réunion préparatoire du G20 sur ces questions sociales. J'ai un souvenir cuisant de deux anecdotes:

1/ Tous les pays semblaient accepter l'objectif de la France de parvenir à un accord pour que les droits fondamentaux des travailleurs (les 8 conventions de l'Organisation Internationale du Travail: liberté syndicale,interdiction du travail forcé et du travail des enfants...) soient reconnues par tous et intégrés aux règles de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Deux voix discordantes: l'Inde qui expliquait que les droits fondamentaux n'avaient pas de dimension universelle (ce qui revient à dire que nous n'avons pas la moindre valeur commune!); la Chine qui a joué au plus mesquin en affirmant que "les droits fondamentaux sont très importants mais doivent être traités dans le cadre de l'OIT" (sous-entendu: pas à l'OMC où l'on traite de choses sérieuses!);

2/ lors de cette même journée, je me retrouve à déjeuner avec une responsable nationale de l'AFL-CIO (les syndicats américains) qui me dit sans fard: "quel Président vous avez, dans notre pays il serait d'extrême-gauche"...

 

Vous savez tous que je ne suis pas un sarkozyste béat. Si je n'avais qu'une critique à formuler à son égard ce serait un reproche fondamental: avoir laissé penser que la réussite d'une vie était liée d'abord à sa dimension financière. Mais,pour autant, la politique étrangère a ceci de fascinant qu'elle efface les personnalités politiques derrière les lignes de fond d'une tradition diplomatique. Même si cela peut en surprendre certains , la voix de la France portée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy c'est celle qui consiste à dire que le monde ne peut plus fonctionner sans règles qui limitent l'appat du gain.

D'ici à la fin de ce sommet, nous verrons si la voix de la France portée par l'énergie de notre Président aura pu nous permettre d'être les pilotes de la sortie de la globalisation et de l'entrée dans une mondialisation équilibrée.

Le contexte n'a jamais été aussi favorable!

 

 

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