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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 20:43

 

vic-n3.jpgJ'ai accepté de répondre aux questions du nouveau mensuel gratuit de Charente: VIC (pour Very Important Charente: à lire ici)

Son rédacteur en chef voulait m'interroger ainsi qu'un élu local de gauche sur la question de l'homosexualité en Charente. A l'arrivée, le texte diffusée est plus cours que celui envisagé... et il n'y a pas d'élu de gauche!

Je comprends bien que les impératifs du bouclage final ait pu provoquer des coupes. Sur un sujet complexe qui mérite des propos précis, il me semble cependant nécessaire de vous faire connaître la version complète de mes propos.

Quant au silence de la gauche, je ne sais comment l'interpréter. Pour ce qui me concerne, je crois que la crise politique que nous traversons implique des élus qu'ils sachent assumer, défendre et partager leurs convictions. C'est la raison pour laquelle j'ai accepté de répondre à ces questions, en espérant qu'il soit possible de débattre sans subir de caricatures! La première façon d'être responsable c'est d'essayer d'être cohérent. Pour ceux ou celles qui voudront m'interroger sur ces questions, autant qu'ils puissent le faire sur le texte complet!

 

Est-ce que vos opinions concernant l’homosexualité diffèrent de celle de Mme Boutin ?

Globalement, non. Mais pour les opinions développées à ce sujet par Christine Boutin, Il y a beaucoup de stéréotypes qui lui collent à la peau qui sont loin de la réalité.

 

Trouvez-vous légitime les revendications sociales d’une communauté, en l’occurrence homosexuelle, souhaitant être protégé socialement comme tout couple hétérosexuel ? 

Je suis totalement en faveur d’une protection des libertés publiques. Si je le traduis en terme simple, c’est la possibilité pour chacun de vivre sa vie sans être montré du doigt, sans être regardé bizarrement et sans remise en cause de son choix d’orientation sexuelle. 

 

Vous condamnez fermement tout ce qui peut être lié à l’homophobie ou apparenté ?

Clairement et sans aucune ambiguïté. 

 

On en vient au PACS. Faites-vous partie des personnalités politiques, comme Nicolas Sarkozy,  qui voteraient maintenant la loi alors qu’ils l’avaient combattue à l’époque.

Le pacs était, soit disant, une grande attente de la part de la communauté homosexuelle mais les chiffres  nous révèlent  une autre réalité : 94% des PACS de l’année dernière sont des couples hétérosexuels. La question du PACS représente des enjeux différents, si on est dans l’une ou l’autre catégorie.

 

C’est tout de même une reconnaissance sociale pour un couple homosexuel qui n’existait pas avant l’adoption du PACS.

De nombreux juristes nous disent qu’il y avait beaucoup de possibilités pour aménager le droit de façon à ce que tous les aspects de la vie quotidienne deviennent plus faciles pour les couples homosexuels. 

 

Vous auriez préféré un aménagement du droit plutôt qu’une loi spécifique ?

J’ai l’impression que le PACS est utilisé par beaucoup comme une sorte de « fiançailles ». C’est une période de la vie qui correspond à un amour entre deux personnes qui ne souhaitent pas se marier ou qui ne peuvent pas. A l’époque du débat du PACS, ce n’est pas comme cela qu’on le présentait mais plutôt comme « une attente de la communauté homosexuelle » et je n'ai pas l’impression qu’elle l'ait utilisé. 

 

Il y a une très forte attente, de la part des couples homosexuels, d’une loi leur permettant d’accéder à l’adoption...

Sur ce sujet, je ne peux pas les rejoindre. Il y a deux conceptions du droit, il y en a une, républicaine, qui a pour objectif premier de protéger le plus faible. Je ne pense pas que le droit soit fait pour s’adapter à toutes les situations individuelles. D’autre part, ce qui est très important c’est que l’on puisse garder pour chaque enfant un lien avec son père et sa mère.

 

Doit-on condamner ce désir d’enfants ?

Toutes les personnes homosexuelles n’ont pas ce désir d’enfant. Mais cela me semble assez naturel.

 

La  république n’a-t-elle pas le devoir de protéger tout ces enfants ? D’autant qu’il est facile de contourner la loi en se rendant dans un pays tel la Belgique qui est le pays le plus adéquat pour bénéficier d’une FIV pour couple homosexuel. Des enfants nés sur le sol français n’ont-ils pas les mêmes droits que les autres enfants ?

La cadre démocratique signifie que nous sommes capables de faire nos choix. L’argument des autres pays, qui permettrait de contourner les lois, ne me parait pas pertinent. Ou alors arrêtons de faire des lois et des choix démocratiques dans notre pays ! Je suis favorable à ce qu’il y ait un vrai débat, que ce ne soit pas quelque chose qui se fasse par tentatives de jurisprudence et que cela se traduise par un référendum. 

 

Christine Boutin a écrit un livre en 1998 qui s’appelle « Le mariage des homosexuels ».  Elle écrit ceci : « où placera-t-on la frontière pour un enfant adopté entre l’homosexualité et la pédophilie ». Vous êtes un proche de Mm. Boutin, que vous inspirent ces propos?

Il y a une grande différence entre les deux. Franchement je doute de cette citation !

 

Au Etats-Unis, il y a entre 6 et 14 millions d’enfants concernés par l’homoparentalité, il faudra bien prendre en considération ce chiffre pour enfin protéger ces enfants comme tout citoyen...

Je reste et je resterai attaché à la dimension symbolique de la loi qui est faite pour protéger l’enfant et lui donner son droit premier qui est d’avoir un père et une mère.

 

Considérez-vous à présent, en 2011 dans un milieu rural tel que la Charente, que l’homosexualité est acceptée?

J’imagine que dans certains lieux, face à des personnes spécifiques, il doit y avoir des difficultés. Nous devons tous contribuer à faciliter les choses.

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Published by Vincent YOU - dans Charente
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