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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 15:52

 

 

Madame, Chère Janine,

 

Par ce courrier, je viens solliciter l’adjointe au maire chargée de la solidarité et des affaires sociales.

Les grèves constatées dans les écoles d’Angoulême sont, comme dans le reste de la France, parfaitement légales. Il n’y a rien à dire là-dessus.

Par contre, je suis surpris de voir le maire refuser de mettre en place le service minimum que la loi prévoit et impose.

greve-jeudi-29-janvier.jpgDans le dernier bulletin municipal, celui-ci tenait pourtant des propos très clairs : « La municipalité d’Angoulême s’est donnée pour priorité de répondre aux attentes de tous ses habitants et de défendre un service public de qualité. ». L’intention est là. Mais quid des actes ?

Je constate qu’en ce second jour de grève depuis la rentrée scolaire, aucun service minimum d’accueil n’a été mis en place par la municipalité pour les six écoles de la ville totalement en grève et les 13 écoles partiellement grévistes (seules la garderie et la cantine sont offertes ce qui me semble être la moindre des choses). Comme beaucoup d’habitants de notre ville, je le regrette car ce sont autant d’enfants pour lesquels les parents ont dû une nouvelle fois trouver une solution alternative.

 

Il s’agit pourtant d’une obligation depuis la loi du 20 août 2008. A la lecture de la presse locale, nous découvrons que votre collègue, adjointe au maire en charge des affaires scolaires justifie aujourd’hui ce refus par des questions de sécurité …

 

Je crois que cet argument est un faux prétexte car c’est laisser penser que l’ensemble des agents communaux travaillant dans les écoles sont en grève et ne peuvent pas assurer l’accueil des enfants ! La loi prévoit par ailleurs que les personnes extérieures au personnel communal fassent l’objet d’un « contrôle de moralité » par l’inspection d’académie. Elle offre aussi d’autres garanties : une indemnisation financière (110 euros par groupe de 15 enfants accueillis), la responsabilité civile de l’Etat en cas de dommage causé à un enfant et la protection fonctionnelle accordée au maire en cas de faute pénale.

 

Alors que même le maire de Cognac a choisi d’appliquer la loi, qu’a fait Angoulême depuis près de deux ans hormis dire « non, non, non, non, non, non » comme la poupée de Polnareff ? Se moquer de l’Etat et des Angoumoisins en proposant une liste de fonctionnaires de l’Etat ! Poursuivre par orgueil un combat personnel devant la justice. Bref rien de concret pour soulager les parents…et tout cela, j'en prends le pari, se terminera par une condamnation de la Ville...

 

Il existe pourtant des pistes simples à explorer qu’Ambition Démocratie Charente avait présentées dès février 2009. Plusieurs communes et pas très loin d’Angoulême, à Soyaux par exemple, ont déjà mis en œuvre  ce dispositif soit en ayant recours à des agents non grévistes soit en faisant appel aux bonnes volontés citoyennes.

 

Je ne crois pas que l' obstacle des moyens humains ou des compétences puissent exister dans une ville comme Angoulême. Les personnes titulaires d’un CAP petite enfance ou ayant l’habitude de s’occuper des enfants ne doivent pas manquer à Angoulême pour travailler quelques jours dans l’année. La loi permet même désormais d’avoir recours aux agences d’intérim. Encore faut-il que la municipalité prenne la peine de solliciter des personnes dignes de confiance ! Peut-être pense-t-elle, à l’instar de la politique menée à l’égard des associations ou des quartiers, qu’elle est seule capable de faire bien.

 

Il me semble que nous ne pouvons plus rester dans le fonctionnement actuel de la majorité municipale. Notre maire n’est pas seul à avoir un droit de parole, d’autres ont une légitimité démocratique. Après tout, il me semble même assez sein que des élus d’un même bord puissent avoir des divergences et les expriment.

Etant en charge de la solidarité, vous connaissez la situation difficile des familles qui doivent gérer les tensions provoquées par les journées de grève. Si vous êtes à leur écoute, je vous encourage à prendre la parole.

 

Quelques mots de vous suffiraient, j’en suis convaincu, à fissurer la réponse dogmatique et illégale qui est celle de la Ville actuellement.

 

Un service public de qualité, c’est un service réactif qui répond aux besoins des citoyens et non à la volonté d’un seul.       

 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Madame, Chère Janine, à l’assurance de mon profond respect.

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Published by Vincent YOU - dans Angoulême
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commentaires

lombard 24/12/2015 14:15

allez sur notre site et vous en aurez des raisons de la contraindre
HL

lombard 24/12/2015 14:15

le site : rendeznousnosenfants.org

François ELIE 23/09/2010 19:39



Il serait instructif d'établir une corrélation entre le fait que les élus mettent en place le service minimum dans les écoles et leur imagination. Il faut en effet de l'imagination pour savoir
comme c'est compliqué (et fatigant) de s'organiser pour trouver à confier les enfants. Les jours de grève, quelques parents font la grève malgré eux et s'il la font c'est en manifestant en
pointillé, et en courant d'un palier à l'autre. Dans tous les cas une sorte de double peine. Il faut encore de l'imagination pour s'aviser que le respect du droit de grève des uns pénalise le
même droit chez d'autres plus nombreux... car les classes sont chargées! Et il faut un peu d'imagination (ou de mémoire pour ceux qui ont été des enfants et sui s'en souviennent) pour se rappeler
la fragilité du rythme des enfants scolarisés. Le service minimum, s'il a une vertu, et c'est peut-être la seule qui doit nous importer, c'est de garantir que le rythme des enfants scolarisés ne
sera pas perturbé. La municipalité d'Angoulême se pique d'une politique ambitieuse pour l'enfance. Il faut avoir des ambitions simples, revenir aux fondamentaux: le sommeil des enfants, et leur
éviter quand c'est possible les ruptures de rythme.


Au delà, ce qui est préoccupant, c'est que tel ou tel maire refuse d'appliquer la loi. (Qu'il faille, en tyrannie, désobéir à une loi scélérate, est une chose entendue. Mais ce n'est évidemment
pas le cas, ce n'est pas de la "résistance").


C'est donner un bien mauvais exemple aux enfants que de ne pas obéir à la loi commune. Surtout quand il s'agit de rendre un service qui facilite la vie des gens.


Ce qui est non moins préoccupant, c'est que la désobéissance à la loi soit si longue à juger et à punir.


C'est aussi donner un bien mauvais exemple aux enfants que de faire des lois et de ne pas punir ou si lentement ceux qui les transgressent.