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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 22:46

La semaine dernière, j'ai eu la surprise de recevoir un courrier de notre Maire.

Monsieur Lavaud répondait à mon courrier du 19 mars dernier par lequel j'attirais son attention sur la situation des professionnels de l'aide à domicile.

Je précisais :

"Comme vous le savez, ces personnes bénéficient de salaires modestes, travaillent souvent à temps partiel, mais rendent des services très utiles auprès de ceux qui sont aujourd’hui fragilisés mais cherchent à continuer à vivre à domicile. Que ce soit pour faire des toilettes, effectuer le ménage ou les achats nécessaires à la vie quotidienne, leur présence est indispensable à beaucoup. La journée de ces professionnels s’accompagne de nombreux déplacements. Autant d’occasions pour devoir payer les coûts de stationnement."

Le problème du stationnement à Angoulême est assez symbolique des choix politiques qui sont faits. Il me semble nécessaire d'avoir un principe clair: les choix politiques doivent être jugés et jaugés au regard de leurs incidences sur les plus fragiles d'entre nous.

"Le système actuellement mis en place en termes de stationnements ne leur permet pas d’effectuer leur travail sans laisser une part importante de leur maigre budget dans les horodateurs. Actuellement, le service qui leur est proposé est celui du "Piaf". Je conviens que ce système est tout à fait adapté pour des artisans, les commerçants et les professionnels du dépannage. Tous peuvent intégrer leurs frais de stationnement dans leurs frais professionnels. Ce n’est pas le cas des associations du domicile qui sont souvent gérées grâce à de nombreux bénévoles et avec des budgets sans réserves"

 

"Je crois qu’en cette période de crise, il nous revient d’être imaginatif. Nous devons faire d’Angoulême une ville exemplaire qui manifeste son souhait d’être « une ville pour tous » où il fait bon vivre ; une ville qui n’oublie pas que les liens humains sont indispensables. En fragilisant les auxiliaires de vie et autres professionnels du domicile, le système de stationnement fragilise tous les bénéficiaires de leurs aides qui ne souhaitent rien de plus que leur présence. Au-delà des aides concrètes, ils apportent souvent le seul contact de la journée. Un sourire, un mot personnalisé, une attention… tous ces petits faits changent une journée ! C’est pourquoi je vous encourage à accepter qu’une tarification particulière puisse leur être proposée, tout comme il serait bénéfique d’imaginer un aménagement pour les bénévoles associatifs"

Je terminais ce courrier par une invitation: "je me tiens à votre disposition si vous souhaitez connaître plus pleinement mes propositions dans ce sens".

 

aide-a-dom-reponse-PL-page1.jpgCette fois-ci, à défaut de souhaiter entendre mes propositions, j'ai donc reçu une réponse qui m'est arrivée la semaine dernière. Philippe Lavaud m'y annonce qu'une délibération au prochain Conseil Municipal sur le Piaf proposera un tarif spécifique en direction des associations de services à domicile...

A ce stade de la lecture, j'avoue m'être pincé! Y a-t-il donc un dialogue possible? Pour une fois, peut-il consentir à écouter un angoumoisin? Prêtera-t-il une attention à toutes les personnes touchées par ma demande?

 

Il y a bien un mouvement: le Piaf ne sera plus vendu 35€ mais 15€ pour les associations (20€ pour les autres professionnels et 25€ pour les pendulaires...)

 

Il y a donc bien un geste de 20€ pour acheter ce petit boîtier... mais est-ce bien sérieux?!!!

Il faut voir les choses en face: soit les travailleurs pauvres que sont les professionnels du domicile méritent d'être soutenus, et il faut alors autre chose qu'une aumône; soit il ne s'agit que d'un geste de communication et cela est bien déplorable.

Soit les associations et le bénévolat méritent un geste de reconnaissance, et il doit être clair et net; soit il vaut mieux éviter, à un an des élections, de faire un geste marginal pour gommer toutes les coupes budgétaires qu'ils ont dû subir depuis 5 ans...

 

aide-a-dom-reponse-Pl-page-20001.jpgParmi les professionnels que j'ai pu interrogé, j'ai trouvé trois cas de figure: ceux dont les frais sont portés par leur employeur, les associations en question étant toutes en facheuse posture budgétaire; ceux qui paient sur leur budget (on peut aller jusqu'à 70 ou 100€ par mois); ceux qui préfèrent "prendre le risque"... et paient des ardoises multiples de 17€!

Baisser le coût d'achat de 20€ ne règlera rien. Cela manifeste surtout un aveuglement. Dans un monde en crise, les travailleurs pauvres et les bénévoles devraient être reconnus à leur juste valeur. Une politique digne de ce nom devrait dire tout le bien qu'ils donnent à notre société. Aider au maintien à domicile c'est garder des racines, garder un lien avec des voisins, vouloir rester chez soi, dire que l'on est toujours capable de recevoir et d'accueillir... ce n'est pas une affaire de 20€!

J'avais une proposition à faire: ouvrir le tarif "professionnels de santé" aux services à domicile. Un coût complet annuel de 100€ par an... cela avait du sens mais on ne m'a pas laissé formuler ma proposition.

 

A un moment les priorités politiques ressortent derrière les discours. On en peut pas vouloir un gros bus au gasoil pour plus de 100 millions d'euros et se contenter d'une ristourne de 20€ pour les bénévoles et le maintien à domicile. On ne peut pas rêver être un nouveau Pharaon et avoir le souci de ceux qui font le lien humain dans la ville. C'est un choix politique au sens plein du terme. Un choix sur l'organisation et le sens que l'on veut donner à la cité.

En bon lecteur de Michéa, j'ai déjà eu l'occasion de dire que la gauche angoumoisine a renié les idéaux des Lumières. A force de vouloir un capitalisme dérégulé, ils pensent pouvoir s'en tirer par un coup de marketing....

J'invite tous ceux qui veulent s'opposer à cette dérive à s'engager pour porter une ambition collective à Angoulême!

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Published by Vincent YOU - dans Angoulême
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