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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:39

promo-rue-du-commerce.jpegDepuis plus de six mois, la question des zones commerciales de l'agglomération d'Angoulême pose problème. Une fois c'est le maire d'une commune voisine qui demande un moratoire, une fois ce sont les Verts, une autre fois c'est le Président du Tribunal de Commerce... et le lendemain les associations locales de commerçants...

On aimerait une parole du Maire; on trouve un plan de développement du PDG de la SEM chargée de gérer cette extension exponentielle!

 

Sur ce type de sujet, nous sommes, je crois, tous mesurés, tout est une question d'équilibre: il doit y avoir de la place pour des commerce de proximité sans vouloir interdire les grandes surfaces. Mais il y a toujours un moment où l'on arrive à la limite.

A Angoulême, trois zones voisines ne cessent de se développer alors que le centre ville ne cesse de se vider. Il y a pour moi un vrai seuil à ne pas dépasser sans quoi nous ne serons plus une ville de culture, vivante de ses initiatives ludiques, artistiques et commerciales: nous serons une ville dortoir entourée de zones commerciales.

 

Il y a quelques jours, Philippe LAVAUD a tenu à s'expliquer (interview dans Sud Ouest: ici): ses mots sont ceux d'un PDG qui veut du chiffre, ses projets sont ceux d'un technocrate qui connait son dossier... on cherchera longtemps les attentions d'un maire pour les équilibres d'une agglomération diversifiée, on cherchera en vain le sens du compromis d'un homme qui gère des sujets complexes et humains.

 

Voilà plus de six mois que je travaille ce sujet. J'ai choisi de crever l'abcès car celui-ci enfle. J'ai découvert que la situation était, en effet, plus délicate que prévue car une adjointe de notre maire se trouve désormais salariée de la SEM en question... qui imaginera qu'il soit possible de commercialiser des mètres commerciaux sur la zone de Champniers en défendant aussi les intérêts de la Ville? qui peut penser que l'on peut sérieusement rester chargée des travaux et être chaque jour en relation d'affaires avec les entreprises qui opérent sur le reste du département?

On entend déjà trop de bruits nauséabonds pour accepter cette étape complémentaire.

 

On ne peut pas traiter les questions d'aménagement du territoire en croyant en la "main invisible", en cherchant un développement sans limites, en n'acceptant aucune régulation... comme si les emplois créés dans le commerce ne résultaient pas avant tout de vases communicants!

 

Il y a trop de désespoir à Angoulême pour laisser les choses en l'état. Il y a un vrai joyau, notre coeur de ville et le souci de garder des boutiques dans chaque quartier: ce devrait être la priorité de l'action d'un Maire. J'ai interpellé Philippe LAVAUD par le courrier ci dessous. Il y a deux questions dont il ne pourra pas faire abstraction!

 

 

Monsieur le Maire,

 

Depuis plusieurs mois, je suis préoccupé par la baisse d’activité commerciale du centre ville. Pour ce qui me concerne, j’ai toujours considéré que la vitalité d’une ville-centre était un élément de développement de toute l’agglomération (ce qui n’est pas toujours vrai dans le cas inverse, c’est sûrement un point de désaccord majeur entre nous). La diversité des commerces et des enseignes, comme la vitalité des terrasses et des animations bénéficient à tout le bassin de vie en lui donnant une identité particulière, en lien avec le patrimoine et la vie culturelle de la cité. Un centre ville animé, des commerces de proximité dans les différents quartiers sont des gages d’équilibre. En créant du lien, ils diminuent l’anonymat et donnent les échanges humains qui font notre qualité de vie. C’est pourquoi, il faut veiller à cet équilibre comme l’on veille à un trésor.

 

A Angoulême, ce qui devrait être l’un de nos atouts premiers est en passe d’être sacrifié.

L’expansion constante des zones commerciales périphériques, le maintien en l’état d’une place du champ de Mars repoussante, parce que vide et glaciale, et les incompréhensions répétées de la Ville envers les associations de commerçants, nous mettent en situation de voir la désertification progressive de la Ville s’accroître encore.

 

Soyons clair : depuis le début de votre mandat, votre choix de garder la Présidence de la SEM Territoires de Charente a été vu comme un risque flagrant de conflit d’intérêts.

 

Ces dernières semaines, avec trois de vos adjoints, vous avez laissé penser que la vitalité commerciale de notre commune n’était pas considérée comme nécessaire alors qu’elle est aujourd’hui dans une grande fragilité.

Lorsque le représentant de la commune s’abstient en commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) et laisse ainsi la zone des Montagnes s’étendre davantage, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cette démission face à un enjeu structurant. Vos propos récents montrant que vous étiez personnellement favorable à cette extension n’ont pas contribué à dissiper un doute profond à l’égard de vos motivations.

Lorsqu’une adjointe, à l’occasion de la journée sans voiture, considère que la Fête des Mères n’a pas de sens, sans doute à cause de sa création en 1941, elle fait preuve d’un aveuglement idéologique tout à fait déplacé tout en fragilisant encore notre activité.

C’est pourquoi, comme je l’ai découvert il y a peu de temps, lorsqu’une autre adjointe se trouve désormais salariée de la SEM en étant « chargée de la commercialisation et de la communication », nous sommes en droit de vous demander de mettre un terme à cette situation. Vous ne devriez pas accepter ce mélange des genres car il laisse imaginer les pires hypothèses et notre Ville n’a pas besoin de ce type de climat délétère.

 

N’ayant pas connaissance de manière précise du profil de poste occupé par cette adjointe, je ne suis pas en situation d’estimer si elle occupe une place prépondérante qui la placerait en situation d’inéligibilité et donc la rendrait susceptible d’être déclarée démissionnaire d’office. De la même manière, il me semble que la question de savoir si elle pourrait être vue comme une « conseillère intéressée » amènera immanquablement à des modifications, mais je conviens que je n’ai pas tous les éléments pour en juger.

 

En revanche, au-delà du droit, un sens minimum de l’éthique publique devrait impliquer de ne pas placer notre Ville dans un climat de suspicion encore renforcé.

De même que pour décider il faut savoir écouter les représentants du personnel, une commune ne peut avoir de partenariat efficace avec les forces qui la composent qu’en construisant une confiance par la cohérence entre les discours et les actes.

Sans clarification, notre Ville ne pourra pas retrouver cette confiance car les légèretés qui ont conduit à ces erreurs cumulatives sont graves et les effets profonds.

 

Encore dotée d’une voirie incroyablement dégradée, en but à des problèmes de propreté récurrents, et désormais touchée par une insécurité réelle, notre Ville ne peut pas se payer le luxe d’une crise durable entre l’équipe municipale et ceux qui font la vitalité du cœur de Ville.

 

Pour apaiser la situation, je ne saurai trop vous conseiller de trancher au plus vite deux questions :

1/quel choix faites-vous entre votre mandat de premier magistrat et votre fonction de PDG de SEM qui gère des intérêts parfois opposés à ceux de la commune ?

2/ quel choix fait votre adjointe entre la délégation que vous lui confiez et son emploi dans une SEM où ses missions seront parfois de trouver les commerces qui deviendront effectivement concurrents de nos commerçants habituels ?

 

J’espère que vous voudrez bien considérer ce courrier avec la plus grande attention. Si vous le souhaitez, je reste à votre disposition pour vous rencontrer.

 

En vous remerciant par avance des éléments de réponse que vous voudrez bien donner à la crise actuelle, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de toute ma considération.

 

                                               Vincent YOU

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Published by Vincent YOU - dans Angoulême
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