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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 12:45

Certains désespèrent de ne pas entendre de voix forte contre la politique de Philippe LAVAUD.

Cette voix existe, elle découle d'un travail de fond, d'un accord sur l'essentiel et d'une capacité à rassembler.

 

A l'occasion de l'enquête publique sur le PDU. Les uns et les autres ont mobilisé leurs réseaux et sympathisants pour que l'expression populaire s'exprime.

Il fallait aussi une synthèse de fond pour que chacun puisse comprendre les enjeux et les limites de ce qui nous est proposé.

On retiendra que le 18 Octobre, les élus d'opposition et les membres d'Angoulême Ambition ont mis par écrit leur point de vue. Ce travail co-écrit a permis un rassemblement plus large ainsi que des signatures éminentes comme celles de Daniel BRAUD, Elise VOUVET, Benoit MIEGE DECLERCQ et de représentants des commerçants.

 

remise-contribution-pdu.jpg

 

L'enquête publique est close ce soir à 17h mais l'action va se poursuivre. En décembre, les élus du Grand Angoulême devront prendre un choix en connaissance de cause. Nul ne pourra dire qu'il n'en connaissait pas les tenants et aboutissants.

 

Observations et remarques

sur le projet de Plan de Déplacements Urbains

de l’agglomération du GrandAngoulême

 Début 2012, la communauté d’agglomération du Grand Angoulême a présenté son projet de Plan de Déplacement Urbain (PDU) et demandé aux seize communes membres d’émettre un avis. Nous en sommes à la phase d'enquête publique. Ce document y participe.

Ce projet de PDU ne nous semble pas répondre de manière satisfaisante aux aspirations des communes et emporte de nombreuses interrogations. En voici les raisons.

 

 1.   UNE ABSENCE DE STRATEGIE CLAIRE

Un Plan de Déplacement Urbain, s'il requiert des annexes précises et documentées de grande ampleur, devrait être précédé d'un document politique stratégique, d'une dizaine de pages, clair et accessible à tout le monde (élus mais aussi citoyens) afin d'en expliciter le but et l'articulation des priorités. Certains experts le préconisent, qui ont participé à l'élaboration de PDU moins épais, mais plus lisibles pour l’ensemble de la population.

Car un PDU doit s’adresser en premier lieu aux personnes qui se déplacent sur notre territoire, pour leur expliquer les mutations souhaités et pour les accompagner dans les changements. Le PDU doit s'appuyer sur une vision politique forte, de grandes orientations, des priorités, des choix clairs, à partager par tous les acteurs (par mobilité - piétons, cyclistes, automobilistes, clients des transports en communs, etc ; ou par catégorie – élus, citoyens, acteurs économiques, enfants des écoles, personnes agées, actifs, etc.). Au lieu d'une liste, d'un catalogue d'actions, on était en droit d'attendre un véritable plan, un projet, avec des priorités, des échéances, des objectifs globaux mesurables, et une esquisse du but à atteindre : quelle agglomération dans 20 ans ?

 1.1. Un projet abstrait

Or le document proposé nous semble trop technique et stéréotypé. Il y est repris, sans les acculturer aux conditions spécifiques du Grand-Angoulême, des considérations qui valent pour d'autres villes. La singularité d'Angoulême, l'histoire de son plan de circulation, sa topographie, la problématique d'une liaison haut-bas (qu'elle partage avec des villes comme Laon ou Longwy par exemple), ne semble pas questionner. Certaines erreurs ou incohérences prouvent au passage que des pans entiers du document sont de simples copier-coller d'autres sources, toilettés et remis au goût du jour pour coller avec le projet phare de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) qui lui sert de colonne vertébrale.

Quelques exemples :

  • (PI, p.45-46-47) L’étude sur la clientèle des transports en commun compare Angoulême avec 9 villes sans explications. Quels sont les critères de comparaison ? Pourquoi ces villes ont-elles été choisies ? On pressent que cette étude a été sortie de son contexte pour être plaquée sur ce PDU. La valeur explicative en est évidemment très affaiblie.
  • (PI, p.56) Dans la synthèse sur la voirie et la circulation, le PDU pose la question suivante : « comment préserver un système de voirie fonctionnel d’ici fin 2010 ? ». Sans commentaire.
  • (PI, p.57) Les chiffres sur le stationnement ne sont pas mis à jour, ni pour les tarifs, ni sur le nombre de places. Comment peut-on répondre sérieusement aux enjeux sans données exactes ?

 1.2.  Une analyse insuffisante des besoins et des impacts

On ne trouve, en amont, pour justifier le plan d'action, aucune analyse économique de la situation actuelle des entreprises, et sur les faiblesses de notre bassin d’emploi, et aucune concertation sérieuse en amont avec les acteurs du développement de notre territoire pour mesurer leurs besoins. Quant on sait que le projet de Transport en Commun en Site Propre est financé en grande partie par la taxe « Versement transport » payée par les entreprises de plus de 9 salariés, et qu'il est censé dynamiser « le territoire », on pressent que les payeurs aimeraient comprendre la nécessité de cette solution !

On ne trouve pas plus, en aval, de  considérations sociales (notamment dans l’étude du public bénéficiant des transports en commun aujourd’hui) sur l'impact de l’extension du stationnement payant, sur l’augmentation du ticket de bus. La population du Grand-Angoulême n'est pas riche, tant s'en faut. Une mesure de l'impact social des solutions proposées paraissait tomber sous le sens.

 1.3.  Un diagnostic et un programme d'action contradictoires

Trop pressé de pouvoir présenter et valider un document basé sur le TCSP,  les commanditaires n’ont pas trouvé d'équilibre entre d'une part un diagnostic clair et à jour et d'autre part un programme d’actions qui semble en fait lui préexister.  Les deux parties sont déconnectées. Les points faibles sont au mieux envisagés, au pire ignorés. On comprend que le diagnostic est fabriqué pour justifier ce que l'on voulait faire de toute façon, quand on regarde la chronologie des « enquêtes »...

  • Une « enquête déplacements villes moyennes » pour le PDU 2012-2022 a été réalisée plusieurs mois après la rédaction et la présentation du PDU. On est ainsi parvenu ainsi à donner des solutions avant de connaître les enjeux ? Elle apparaît comme une simple justification.

...et le fait que personne n'a semblé s'émouvoir à la relecture de contradictions flagrantes.

  • L’actuel réseau en étoile est présenté comme un point faible majeur selon la partie diagnostic. Or la partie programme d’actions propose de développer et d'amplifier l'impact de cette structure en étoile du réseau de transport collectif (PI, p.49 et PII, p.14). Cette seule absurdité à elle-seule discrédite le document dans son ensemble !
  • Le coût par habitant qui est « l’un des plus élevés de sa catégorie » (P1, p.49), est présenté comme un point faible dans le diagnostic. Et la solution centrale proposée va renchérir ce coût dans des proportions considérables. Cherchez l'erreur. 

 2.   LE PARI DE LA LGV SANS LUCIDITE

Dans la phase « diagnostic », l’arrivée à Angoulême de la Ligne a Grande Vitesse (LGV) est présentée comme une opportunité de développement sans précédent, avec des temps de trajets attractifs vers les grandes villes que sont Paris et Bordeaux, et un transit de voyageurs en augmentation (3 M/jour).

 2.1. Les trains roulent dans les deux sens !

Le PDU met directement en corrélation ces faits avec un accroissement supposé des échanges intra-communautaire et un développement économique créant de la richesse pour notre territoire. Cette analyse relève de la naïveté. La LGV est seulement un facteur de développement parmi d’autres. Comme l’indiquait une étude de chercheurs et de professionnels[1].

« le TGV n’a pas d’effet structurant en tant que tel (...) et ne fait que révéler ou amplifier les dynamiques économiques à l’œuvre sur le territoire ».

L'optimisme affiché par la majorité est une erreur : le déclin de la Charente et la fragilité du bassin  d'emploi  d'Angoulême risquent d'être amplifiés. C'est ce risque qu'il faut affronter au lieu d'attendre la LGV comme une solution.

L'époque est au développement des grandes métropoles, de grands centres de vie. Si ces grandes villes et conurbations jouissent ailleurs d’une image et d’un développement économique satisfaisant pour espérer se développer avec la LGV, c’est beaucoup moins évident pour une agglomération de taille très moyenne comme Angoulême. On ne peut pas se contenter d’attendre la LGV en croisant les doigts pour que cela attire de nouveaux habitants et de nouveaux acteurs économiques. Si la LGV permet d’arriver plus vite à Angoulême, elle permet de la même manière de vider plus vite notre ville.

 2.2. Une commande politique dangereuse

Dans ce contexte, la commande politique (mettre toutes les communes à 15mn de la gare d'Angoulême), sans que la mobilité domicile-travail intra-communautaire soit traitée avec ambition, et sans même parler du coût induit pour des gains de temps dérisoire, apparaît en l'état comme un encouragement à aller travailler... ailleurs. Ce qui ne ferait qu'amplifier... l'amplification de notre absence de dynamique territoriale.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas rendre la gare LGV accessible rapidement de partout (et par exemple de Cognac). Mais qu'il faut auparavant s'être assuré qu'il sera beaucoup plus facile qu'avant de vivre et travailler dans le Grand-Angoulême !

 3.    Ce PDU ne renforcera pas la mobilité urbaine, au contraire !

Dans son étude sur la mobilité urbaine[2], le Professeur Prud'homme dit des données sur la mobilité de huit grandes agglomérations qu'

« elles font apparaître que la mobilité en transports en commun a fortement augmenté, que la mobilité automobile a beaucoup diminué, mais aussi que la mobilité totale s’est sensiblement réduite. On examine le lien entre ces évolutions. On évalue les gains environnementaux et de bien-être de ces évolutions – qui sont faibles - ainsi que leurs coûts en termes de bien-être, de finances publiques, et d’efficacité économiques – qui sont grands ».

Ces conclusions devraient inciter les élus à la prudence. En effet :

 « Nombreux sont ceux qui se félicitent du net recul de l’automobile et du progrès des transports en commun enregistrés dans nos villes. Cette évolution, qu’ils ont voulue et qu’ils revendiquent, a un revers : elle diminue la mobilité urbaine, et partant l’efficacité de nos agglomérations »[3] .

Une politique de déplacements vite et mal pensée se traduit donc par une moins grande facilité pour atteindre les cœurs d’agglomération. Ceux qui en bénéficient sont souvent dans les zones centrales ; ceux qui sont aujourd’hui à distance se trouvent dans une situation aggravée.

 

Comme le note le CERTU[4] sur le bilan de la première génération de TCSP :

« le rabattement parfois excessif des lignes de bus sur l'axe TCSP pose question. D'une part parce que certaines lignes de TCSP ont rapidement été saturées. D'autre part parce que certains réseaux fonctionnent à « deux vitesses »: un axe de TCSP fort et un réseau de bus parallèle peu performant ».

Pour ce qui concerne le Grand Angoulême, la faiblesse du nombre de places envisagées en parkings-relais ne risque pas de provoquer une saturation du TCSP... mais la démesure de son coût rapportée aux besoins provoquera une diminution du réseau existant. On perdra en efficacité globale et l'on augmentera les disparités en termes de dessertes.

A l’inverse, il serait possible (et facile) de remettre sur les lignes principales 1, 4 et 6 (qui étaient structurantes au sens du PDU) les moyens qui y ont été supprimés il y a quelques années, contraignant depuis lors les voyageurs à accepter des conditions de transport dégradées en période de pointe et durant les petites vacances. À l'époque cela représentait un coût d'un million d'euros annuel.

Pour le reste, et contrairement aux objectifs affichés, il est manifeste que ce PDU et les politiques menées actuellement par le maire d’Angoulême s’opposent en fait à la diminution des déplacements en voiture ! En effet, pour développer les mouvements de proximité en ville, il est nécessaire de rechercher une plus grande attractivité commerciale. Or deux choix des politiques et des projets actuels s’y opposent : celui de réduire a priori le nombre de places de stationnement dans la ville d’Angoulême, et celui de développer les zones commerciales extérieures.

 

Dans un premier temps, le PDU évoque cette ambition : 

« réviser la politique de stationnement pour libérer de l’espace public sur le plateau central ».  

On découvre ainsi que les limitations déjà en œuvre aujourd’hui ne sont qu’une petite étape dans une politique plus globale :

« La totalité des places gratuites seront rendues payantes et le volume global de l’offre de stationnement sur voirie sera réduite d’environ 33% (courte et moyenne durée) en tenant compte de la politique d’apaisement de la voirie. On aurait ainsi une réduction de 50% sur les 1160 abonnements « pendulaires » (sur un total de 1488 places) dans les parkings en ouvrage centraux (hors Champ de Mars où le nombre d’abonnements pendulaires représente déjà 20% du total), soit un report de 580 places dans les 3 P+R principaux, permettant ainsi de libérer ce volume d’offre à destination des visiteurs et résidents. Au final une réduction de 10% du volume total de places (voirie + parking en ouvrage) est envisageable sur le plateau et ses abords immédiats [5]».

Le défi majeur de notre temps n'est pourtant pas de développer les transports en communs comme une panacée. Il ne faut pas se tromper de siècle : en 1920 il y avait 1000 km de tramway à Paris... mais au début du 21ème siècle, 65% des déplacements sont effectués par une personne seule au volant de sa voiture.  Avec cette politique de simple réduction : moins de voitures = moins de gens ! Sans politique forte d'encouragement au co-voiturage, la volonté de réduire la place de la voiture au centre ville reviendra mécaniquement à décourager son unique conducteur... qui ira conduire simplement conduire ailleurs.

            Où ? Avec l'encouragement de fait du développement illimité des zones commerciales, il y aura bien une mobilité commerciale ! Les zones commerciales périphériques répondent elles, déjà, aux besoins de mobilité des acheteurs en multipliant des parkings gigantesques,  Les consommateurs n’iront donc plus se risquer dans les différents commerces de quartiers et n’auront d’autre choix que de rejoindre les milliers de voitures qui  stationnent déjà sur ces parkings.         

Cette « politique d’apaisement de la voirie » sans analyse globale des mobilités réelles actuelles va évidemment produire une désertification, une mise en jachère des villes et centre-bourgs.

 4.   Le TCSP comme colonne vertébrale du PDU :    
la charrue avant les boeufs !

Le PDU du Grand Angoulême, tel qu’il est proposé, est entièrement articulé autour du TCSP. Or aucune étude à ce jour n’est venue présenter en détail le projet de Bus à Haut Niveau de Service qui doit y rouler, projet pourtant envisagé pour 2016. Aucune étude de faisabilité, d’adaptabilité à la topographie de la Ville, de budgétisation, n'est présente dans ce PDU, qui semble supposer comme acquis un projet qui sera soumis... ultérieurement. Nous n’avons rien de détaillé dans ce PDU sur le projet structurant qui y est présenté pourtant comme l'axe principal !

 

  • Dans la partie 1 de diagnostic, il est présenté comme l’un des 3 projets structurants de notre territoire avec l’arrivée de la LGV et la restructuration du réseau routier extérieur (RN 10 et rocade). Autant dire, pour ce qui dépend du Grand-Angoulême, comme le projet structurant.
  • Dans la partie 2, sur les programmes d’action, tous les objectifs sont véritablement pensés en fonction de ce TCSP : 

◦      la priorité des transports collectifs, 

◦      la continuité avec la LGV, 

◦      la base de l’intermodalité, 

◦      la politique d’apaisement des centre-bourg et centre-ville (en fonction du parcours du BHNS), 

◦      la politique de développement urbain (densité plancher sur le trajet du BHNS),

◦      les aménagements prioritaires aux abords du BHNS, la connexion avec les « modes doux » de déplacement, 

◦      l’optimisation de la voirie et du stationnement.

 

Less objectifs ainsi que les actions concrètes sont tous construits en fonction du passage du BHNS. N’est-il pas prématuré et dangereux d’avoir entièrement articulé un plan de déplacements sur un projet dont personne ne sait s'il sera viable ? Comment peut-on demander aux Angoumoisins d’approuver ce projet-ci sans connaître en détail celui-là ?

 5.    Un projet de PDU qui semble fait pour ailleurs

 5.1.  Les transports en commun existants sont méconnus

Les ratios de performance des réseaux de transport français sont calculés chaque année en fonction de la taille des agglomérations (études de l’UTP[6]). La Société de Transport du Grand-Angoulême (STGA) y figure parmi les réseaux d'agglomération de 100 000 à 140 000 habitants.

 

Au sein de cette catégorie qui compte 38 réseaux, voici les performances de la STGA :

 

  • · Offre de service (kilomètres par habitants et par an) : la STGA est 1ère
  • Productivité : la STGA se classe 2ème, pour la productivité par agent ou par bus ;
  • Fréquentation (voyages par an et par habitant) : la STGA se classe 3ème sur 38…

 

Il n’est pourtant pas facile d'être à la fois le réseau le plus utilisé et le plus productif ! Certes, cela ne remet pas en cause la nécessité possible d'une restructuration de l'offre en matière de transport en commun, mais cela démontre au moins que la priorité affichée par ce document est contestable. En particulier parce que la performance du coût par habitant est nettement moins glorieuse, et qu'il serait imprudent de la renchérir encore.

L’objectif stratégique premier de ce plan[7] est en effet : « Donner une place centrale aux transports en commun dans l’organisation des déplacements de l’agglomération ». Non seulement il s'agit d'une erreur de siècle (voir plus haut page 5 du présent document), mais d'une ignorance de la situation locale : à la lecture des études du CERTU il apparaît que non seulement les transports en commun occupent déjà cette place centrale dans l'organisation des déplacements de l'agglomération angoumoisine mais surtout que leur mode de gestion est à un optimum.

Cette orientation principale se traduira financièrement par l'incapacité à porter des politiques connexes particulièrement nécessaires : adaptation des lieux de stationnement à proximité des commerces, mise en place de petites navettes pour relier les points importants du centre-ville d’Angoulême tenant compte de sa typologie si particulière, mise en place d’une irrigation plus dense des lignes de bus dans le reste de l’agglomération.

 

Construit autour d'un TCSP n'apportant pas une amélioration nette et significative de l'offre de déplacement vers les grandes zones d'emploi et de consommation de masse, le projet de PDU va simplement bouleverser la vie quotidienne des habitants du Grand-Angoulême en engloutissant la majeure partie du budget dévolu aux transports dans le BHNS.

 5.2.  Ce TCSP n’est pas adapté aux villes moyennes à voies étroites

 

Pour qui connaît les TCSP mis en place dans des villes comme Bordeaux ou Nantes, il est évident que la géographie et la topographie du Grand Angoulême est très différente.

Dans des communes comme Soyaux, l’Isle d’Espagnac ou sur le cœur de ville d’Angoulême, il est patent que la physionomie des rues ne permettra que rarement d’y accueillir à la fois une ou deux lignes de TCSP, une ou deux lignes de voitures et des places de stationnement.

 

Le schéma présenté lors de l’étude de faisabilité[8] montre clairement que la distance minimale de bord à bord doit être très grande.

 

 
   

Le maintien d’un site propre dans ces quartiers ou communes aura les conséquences suivantes :

  • Multiplication des rues entièrement fermées aux voitures ;
  • Diminution drastique du nombre de places de stationnement ;
  • Nécessité d’élargir certaines voies en coupant les arbres à proximité.

 

Les autres projets de BHNS ont tous été prévus dans des agglomérations de grande taille, où des aménagements importants peuvent être envisagés. A Nantes l’arrivée du TCSP se fait par exemple sur des voies prévues initialement pour une 2x2 voies !

Les conséquences directes du présent projet ne préservent pas les équilibres construits depuis si longtemps dans nos communes. Les emprises sur la voirie, entre 7 et 15 mètres de large vont être impossibles à réaliser à Angoulême sans porter atteinte à notre patrimoine, sans défigurer le plateau de manière importante. La réservation au TCSP de la rue de la République de l’Isle d’Espagnac ou de l’avenue du Général De Gaulle de Soyaux, atteindrait profondément les capacités de ces communes à maintenir des commerces de proximité et les transformerait en cités-dortoir. Pour Angoulême, les difficultés rencontrées par les commerçants sont déjà suffisamment nombreuses pour ne pas prendre de risques supplémentaires...

 

Il existe pourtant des solutions intelligentes permettant de combiner la circulation en « presque site propre » et le maintien d'une circulation automobile sur des axes principaux (en plaçant des feux sur des voies de rabattements, en utilisant les priorités en sorties de croisement, et avec des « aménagements malins », comme ceux qui sont mis en place pour les Chronobus). Le fait que la singularité de la topographie d'Angoulême et l'étroitesse de ses voies n'ait pas orienté les techniciens vers ces solutions laisse pantois !

 5.3.  Un projet sans proportion avec les capacités du territoire

Les projets de BHNS coûte en moyenne 11Md’€ au Km. Le Grand-Angoulême prévoit 14 km de voie réservée, soit environ 154 M d’€. (Le coût total du projet est estimé par le Grand-Angoulême à seulement 103 M d’€). Il est trop dangereux de lancer un projet d’une telle ampleur sans être absolument certain des bénéfices attendus en matière de développement économique. La balance coûts/avantages paraît trop maigre pour envisager sereinement un projet d’une telle ampleur.

Car pour financer ce projet, la taxe Versement Transport fait peser une charge supplémentaire sur des entreprises qui connaissent déjà beaucoup de difficultés en Charente, sans bénéfice direct puisque les déplacements domicile-travail semblent moins importants aux commanditaires que les déplacements d'évacuation vers la gare. Ce projet de BHNS associé aux restrictions de stationnement risque de pénaliser gravement les commerçants qui verront s’accélérer le phénomène de désertification des centres vers les zones commerciales périphériques en pleine expansion (ne serait-ce que pendant de travaux, qui seront longs).

 

Le Grand-Angoulême dépendant pour ses ressources fiscales principes de la vitalité économique du territoire, il n'est pas très prudent de le fragiliser de manière inconsidérée.

6.   Un PDU déséquilibré : les communes périphériques sacrifiées

Il peut se comprendre aisément que la ville-centre d’un Établissement de Coopération Inter-ComMunale (EPCI) comme le Grand-Angoulême doive être le moteur du développement du territoire. Cependant, le PDU du Grand Angoulême répond à des attentes trop exclusives de la ville-centre et délaisse en fait les communes périphériques au détriment du développement global. Le maintien d'une architecture en étoile en est la cause principale.

Dans les villes par lesquels le BHNS quitte Angoulême (L’Isle d’Espagnac et Soyaux). La réalité du terrain et les réticences des élus et des habitants traduisent déjà que ce transport posera de réels problèmes dans ces communes où la voie principale, souvent très commerçante, lieu de passage et de vie, ne peut être entièrement sacrifiée au profit du TCSP.

 6.1.  La faiblesse : le réseau en étoile ?   
La solution : un réseau en étoile !

Autre incohérence qui pèsera sur les communes périphériques : l'amplification de la structuration en étoile.

On apprend dans le diagnostic que le point faible de notre réseau de transport collectif est justement sa structuration « en étoile obligeant à transiter par le cœur de ville et qui demeure peu attractif pour les liaisons transversales » (PI, p.49) c’est-à-dire notamment pour la desserte et les liaisons des communes limitrophes à Angoulême.

Or, la solution préconisée dans le programme d’action est – vous allez rire, « un développement spatial du réseau angoumoisin en étoile » (PII, p.15). Une contradiction au cœur même du PDU qui ne fait que renforcer les points faibles, au détriment de la périphérie, et qui ne participe pas au désenclavement de certaines parties de notre territoire communautaire.

Le développement urbain est soumis au diktat de la panacée BHNS. En effet,

« les secteurs situés dans le fuseau de desserte du TCSP et des lignes structurantes – ou zones impactées/à haut niveau de desserte – devront faire l’objet d’une densification urbaine, via l’intégration dans les documents d’urbanisme d’une notion de densité (densité plancher) » (PII, p.29)

Dans un périmètre de 300m autour des pôles urbains, toujours définis en fonction du passage du BHNS, certaines petites communes devront donc respecter une densité de construction sans rapport avec leur situation particulière. En sortant d'Angoulême on est vite à la campagne. Il est absurde d'appliquer à des communes rurales des critères qui valent pour les banlieues des grandes villes !

 6.2.  La fragilisation de l'économie locale des quartiers

L'étalement vers la commune de Champniers et les zones commerciales périphériques semble une priorité du PDU, alors même qu'il faudrait trouver des solutions pour contenir l’effet dévastateur des migrations vers les zones commerciales périphériques afin de renforcer la vie locale des centre-villes, centre-bourgs et quartiers, notamment à Angoulême. Rappelons-le, la politique de contraintes qui pèse sur les usagers de la voiture individuelle (stationnement + priorité aux transports en commun), sans modification préalable des comportements par une offre de solutions alternatives, les pousse à déserter les centres-ville.

Les politiques de fortes contraintes devraient être envisagées après les politiques d’encouragement.

A Angoulême, on étendre purement et simplement le stationnement payant avant de proposer aux habitants d’autres modes de déplacements alternatifs efficaces ?

 7.   La sanction avant la prévention :  
l'exemple du stationnement

Cette question du stationnement est, elle aussi, « en lien avec le projet de site propre bus ». Si nous ne sommes évidemment pas opposés à terme à une diminution du volume de stationnement global et une augmentation des emplacements payants, nous estimons qu’il est très dangereux d’appliquer ces mesures radicales sans avoir proposé et accompagné en amont une transformation significative des modes de déplacements, notamment à Angoulême (priorité récompensée au co-voiturage, adaptation des transports en commun aux liaisons domicile travail par exemple).

Les contraintes qui arrivent ou qui pèsent déjà sont donc trop précoces (non pas en terme d’efficacité puisqu’elles permettront à la Ville d’Angoulême de disposer d’environ 2 M d’€ de recettes supplémentaires), mais parce qu'elles ne sont pas au service d'une réelle amélioration de la mobilité des habitants. Sans amélioration préalable du quotidien de la population, ces mesures sont déjà ressenties comme simplement punitives. En période de crise, c'est une erreur politique et stratégique.

Outre ce mouvement déjà engagé de restriction du stationnement, le PDU engage un mouvement « d’uniformisation de la tarification (du stationnement) avec celle des autres villes de la Région ». 20 à 30% supplémentaires en surface et jusqu’à 50% en ouvrage (PI, p.62). Une hausse qui rejoint notre analyse sur la précocité des mesures contraignantes sur la population, et ce dans l'agglomération au bilan social le plus faible des quatre villes-préfecture de la région Poitou-Charentes.

C'est le signe que les grands équilibres budgétaires n'ont pas été pensés. Ici l'on est prêt à dépenser à tout va, là on s'emploie seulement à augmenter les recettes. Dans tous les cas, on pose des problèmes nouveaux aux habitants avant de leur apporter des solutions pour améliorer leur quotidien, sans se préoccuper des menaces sur les équilibres d'un territoire fragile.

 8.   Un cadrage financier absent !

  Le caractère incomplet du dossier soumis à l’enquête publique en matière de cadrage financier doit être constaté et devrait donner en toute logique lieu à une réserve par la commission d’enquête. Les services de l'État ont d'ailleurs déjà souligné cette carence :

 « le projet de PDU donne parfois l'impression de rester au niveau des principes insuffisammen ttraduits en chiffres (page 63 du dossier administratif) ; « il manque un tableau de programmation pluriannuel de ces actions, comportant une répartition des actions et des financements » (page 67).

Il est vrai qu'un PDU est un document de planification, présenté ici avec des objectifs pluriannuels, et non de programmation fine des investissements. L’exercice de recensement des projets doit néanmoins permettre d’estimer des montants globaux par type d’action, d’en proposer des clés de financement en tenant compte de la multiplicité des maîtres d’ouvrage et des cadres existants de financement.

 

Le PDU présenté ici est d’une indigence telle sous l’angle financier qu’il manifeste un amateurisme coupable pour un document si important.

 

Qu’on en juge :

 

La présentation des différentes mesures évoque majoritairement, au titre du financement, la précision suivante : « à définir »… comme si l’équilibre financier de telles opérations ne devaient pas donner lieu à une projection préalable !

 

Il y a certes quelques exceptions.

 

  • Page 123, la charte d’aménagement est chiffrée ainsi : « de 20 à 40 K€ » ;
  • Page 157, les stationnements de vélos sont accompagnés de coûts unitaires par box ou par arceau (!) mais sans donner lieu à aucun chiffrage global ;
  • Page 164, l’achat de véhicules électriques ne précise que ceux de la première étape ;
  • Page 171, la mesure des effets du PDU est évalué à une somme « de l’ordre de 100 000 € environ » ;
  • Page 177, le schéma directeur est estimé à un coût de « 30 à 40 K€ » ;
  • Enfin, la présence de parkings-relais et de leur gestion et tarification ne précise que des coûts unitaires sans aucune vision globale.

 

Au regard de ces grandes faiblesses les quelques chiffres rendus publics par ailleurs, ne peuvent qu’inquiéter. Les 103 millions d’euros nécessaires à la mise en place du TCSP sont assis sur l’augmentation du Versement Transport porté à son taux maximal (surcoût de 7 millions d'Euros par an pendant 40 ans soit une augmentation de +71% !).

Il en résulte clairement que cet équilibre bien imparfait ne permettra pas de couvrir les charges induites inhérentes à un TCSP réellement utilisé : présence en nombre de parkings-relais gardiennés, augmentation de la fréquence des lignes de rabattements, explosion des coûts de fonctionnement. Par conséquent, l’absence de sérieux dans les projections financières de ce PDU se traduira à terme par une nécessaire hausse des taxes locales et par une diminution des services mis en œuvre par ailleurs.

 

Dans la crise des finances publiques actuelles, et dans une période d'incertitude il est plus qu’inquiétant de constater que l’agglomération s'engage pour 40 ans avec comme leitmotiv « à définir » !

 

CONCLUSION 

 

Les élus commanditaires devraient s’approprier vraiment ce projet et le reprendre autour d’axes stratégiques clairs, priorisés, chiffrés, et planifiés dans le temps. Cela ne semble pas être le cas. Ce PDU est une réponse abstraite de techniciens, à une commande politique abstraite. Le Grand-Angoulême est une ville concrète, peuplée de vrais gens, pas vraiment riches. La ville d'Angoulême a par exemple une topographie vraiment particulière, avec des rues vraiment étroites.

 

Un objectif de restructuration des transports en commun suffirait amplement, en lieu et place du BHNS. Cela ne ferme la porte à aucune hypothèse, même celle d’un TCSP. Mais cela nous permettra d’attendre les études de faisabilité du projet pour nous prononcer.

 

Améliorons avant de punir : vélos, centre-ville apaisé, amélioration STGA, etc. Le Grand Angoulême doit proposer des solutions efficaces avant d’étendre les punitions (expérience à retenir du stationnement payant). Les objectifs doivent être simples et clairs et correspondre aux diagnostics. Par exemple une politique ambitieuse et forte en matière d'encouragement au co-voiturage devrait être une priorité, parce qu'elle touche et continuera de toucher longtemps la majeure partie des déplacements. Moins de voitures en ville, pourquoi pas ! Mais pourquoi moins de gens ?

 

Il manque au projet une ambition de politique... locale !

 

La philosophie de l’écologie punitive qui domine le projet méconnaît gravement les réalités géographiques et socio-économiques de notre territoire. Il ne suffit pas de penser global... il faut aussi agirlocal. Et cela dépend – justement, du lieu ! Il faut redonner un lien concret entre ce PDU et le niveau de vie de notre population, remettre ce projet en perspective avec les fragilités économiques de notre territoire. Angoulême n'est pas Nantes, c'est plus petit.

Il est nécessaire enfin d'investir pleinement le territoire du GrandAngoulême et du SCOT, et envisager plus largement l'articulation avec les déplacements dans l'ensemble du département de la Charente (l'accès Cognac-Gare LGV est par exemple très important!), afin que le développement profite à tous de manière équitable.



[1]      Sud-Ouest (19/09/12),

[2]     Transports, n° 463, sept-oct 2010

[3]     http://www.rprudhomme.com/resources/Art+2010+Recul+mob+urbaine+$28Transports$29.pdf

[4]     « Mobilités et transports : Fiche n°10 le point sur une décennie de transports collectifs urbains », Certu, janvier 2009.

[5]     Pages 46/99 du Dossier Technique, c'est-à-dire page 133.

[6]     Union des Transports Publics

[7]     Page 2/99 du Dossier Technique, c'est-à-dire page 89

[8] « Stratégie de mise en œuvre des transports urbains du Grand Angoulême – Faisabilité de site propre »,Egismobilité, septembre 2009

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:37

Dans 18 mois nous serons dans les élections municipales.

C'est encore loin? Pas trop pour commencer à s'organiser.

C'est trop court? Seulement si l'on ne tire pas rapidement les leçons du passé.

 

Le printemps fut aride et divisé, il faut que l'automne soit uni et fécond. Et il y a quelques raisons d'y croire.

 

Oui, les mouvements opérés au sein du Conseil Municipal étaient souhaités, nécessaires et légitimes. L'entrée de Bernadette FAVE, pilier historique et quotidien d'Angoulême Ambition, contribuera à mettre fin à l'idée de deux groupes distincts qui s'ignorent. C'est une vraie satisfaction et le symbole d'une nouvelle étape.

 

Oui, l'opposition municipale a raison de dénoncer le projet de PDU et la faiblesse des dispositifs mis en place dans le cadre de l'enquête publique. Avec les élus de l'opposition, nous dirons ce que nous pensons du fond, de la méthode et des problèmes posés par ce projet.

 

La majorité en place a tout dit. Pendant quatre ans on a entendu: "c'est la faute de l'Etat, la faute de la dette, la faute de l'opposition"... mais aujourd'hui  le discours change: "j'aime tous mes opposants, mais vous les électeurs c'est moi que vous aimez parce que tout va très bien"... Croit-il que les angoumoisins ont oublié que sa première décision de Maire fut de redéployer les crédits inscrits au budget 2008 pour la rénovation de l'Hôtel de Ville? Non, cela fait partie de notre mémoire commune, il ne suffira pas de lancer des chantiers en urgence avant la fin du mandat pour gommer des choix politiques aussi néfastes pour la Ville.

Mais il faut savoir écouter, ce qui n'est pas le cas de la plume du zélateur béat et officiel du PS local (Rachid Rahmani dans son dernier texte: ici) qui s'autorise cette phrase extraordinaire "les angoumoisins nous disent qu’ils attendent ce projet structurant (le Busway ndlr...), tout comme ils sont satisfaits des évolutions de leur cité depuis que nous mettons en oeuvre des politiques volontaristes".

 

Puisque la majorité entre en campagne avec autant de preuves d'autosatisfaction, j'ai la conviction que nous pouvons gagner. Cela implique trois choses:

 

1/ être unis derrière celui ou celle qui sera reconnu(e) comme notre meilleur(e) tête de liste, dans tous les cas j'y suis prêt pour faire gagner une équipe;

2/ voir que ce qui nous rassemble et bien plus fort que ce qui nous distingue; tourner la page du passé et de son lot d'incompréhensions; garder les critiques internes pour les réunions internes;

3/ être présents encore et toujours sur le terrain, là où vivent les angoumoisins.

 

C'est ma feuille de route pour les 18 prochains mois. 

 

PS: un dernier mot pour Rachid Rahmani... J'ai subi une défaite aux législatives. Je n'en suis pas mort. Qui ne sait qu'il n'y a pas de conquête sans efforts? Pas de victoire sans humilité? Pas de crédibilité sans persévérance? L'aide de nombreuses personnes m'a permis d'ores et déjà de régler les conséquences financières et de tourner la page. Je suis donc à nouveau  pleinement dans l'action. La caravane passe...

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 12:11

blog-fun--emplois-jeunes--comme-papa.jpgAujourd'hui à la Région nous débattions des fameux "emplois d'avenir", le dernier nom des contrats aidés...

Depuis les TUC des années 86, il s'agit désormais d'une vieille histoire qui témoigne d'une véritable désertion politique face au problème gravissime qu'est le chômage des jeunes.

Pourquoi parler de désertion? Parce que tout a déjà été dit. Pas par moi. Par beaucoup d'autres!

C'est la Cour des Comptes qui en 2011 encore évoquait "l'efficacité très décevante des contrats aidés"...tout en soulignant que l'effet en termes de cohésion sociale ne suffisait pas à en faire une politique économique.

Dans un autre genre et il y a plus longtemps, c'est Philippe Muray qui décrivait le glorieux bataillon des nouveaux outils de Martine Aubry en son temps: "un bataillon d’agents de développement du patrimoine ouvre la marche, suivi presque aussitôt par un peloton d’accompagnateurs de détenus, puis arrivent en rangs serrés les compagnies d’agents de gestion locative, d’agents polyvalents, d’agents d’ambiance, d’adjoints de sécurité, de coordinateurs petite enfance, d’agents d’entretien d’espaces naturels, d’agents de médiation, d’aide éducateurs en temps péri-scolaire, d’agents d’accueil des victimes et j’en passe énormément. Ferme le cortège un petit groupe hilare d’accompagnateurs de personnes dépendantes placées en institution, talonné par des re-découvreurs de l’histoire des villes et des promoteurs des ressources touristiques en direction des pays émergents"... c'était il y a plus de dix ans!

Déjà il touchait un des aspects de fond du problème en ajoutant:   

"Les métiers d'autrefois avaient une histoire, un passé, un poids, et je parle même pas de leur utilité. Les emplois-jeunes de Martine Aubry s'avancent légers. Ils ne pèsent rien. Ce sont des professions sans emploi (...)"

Face au risque de retomber dans les mêmes travers, les orateurs du groupe d'opposition ont pointé les écueils de cette prétendue "nouvelle" politique .... mais il n'est pas encore possible d'ébranler l'assurance absolue de nos élus si majoritaires...

Olivier CHARTIER a eu beau faire remarquer que c'est dans cette région que furent créés le plus d'emplois aidés ... mais que les derniers chiffres de l'INSEE montrent que nos chiffres relatifs au chômage des jeunes sont encore plus préoccupants que les chiffres nationaux...  Ségolène ROYAL a préféré botter en touche en soulignant qu'il s'agissait de chiffres de 2011 qui reflétaient seulement la politique de MM. SARKOZY et FILLON!!! Quand y a de la gêne y a pas de plaisir!

Véronique ABELIN a souligné la nécessité de mettre en place un dispositif visant à permettre une transition vers des emplois stables... pour leur donner justement un avenir... mais c'était nul et non avenu puisque la Vice Présidente MESNARD pensait avoir inventé une nouvelle idée en proposant qu'il y ait une jonction avec les départs en retraite dans la fonction publique. Comme si la majorité des collectivités et des structures publiques n'avaient pas déjà remarqué qu'il y avait lieu d'être pertinent!

 

Au final, la Région accompagnera la création de 4000 emplois d'avenir par un dispositif de formation. C'est déjà une bonne chose et c'est pourquoi nous avons voté favorablement à la question qui nous était posée.  Mais on rêverait que "le changement" passe par des voies plus fortes qui créent vraiment un avenir.

 

Il faudra bien un jour ou l'autre réfléchir à quatre vrais choix politiques pour créer les emplois qui auront de l'avenir:

1- baisser les aides aux entreprises pour baisser les charges des PME. Cela ne coûtera rien en terme de dépenses publiques mais nous ferait rentrer dans une dynamique de confiance envers les entrepreneurs;

2- créer de grandes régions centrées sur de véritables métropoles européennes et sur des zones géographiques riches d'une histoire qui parlent aux clients du monde entier; on ne fera pas rentrer les PME dans la mondialisation sans permettre à notre territoire d'avoir une identité forte (Nous avons la chance d'avoir Bordeaux, Cognac et l'Atlantique);

3- sortir de la naïveté en faisant que le consommateur qui achète des produits extra-européens paye un prix qui contribue aux coûts de la solidarité à laquelle le citoyen est, légitimement, si attaché;

4- reconstruire une politique de cohésion nationale par un service national obligatoire avec un temps de classe sous la houlette de la gendarmerie et un temps à disposition des services publics locaux.

 

On pourra parler de changement lorsque l'on cessera de penser que l'on crée un avenir en augmentant les dépenses publiques et les impôts.

 

PS: maintenant (23 février 2013) que le dispositif se précise, il me semble qu'il y a deux nouveautés qui méritent d'être soulignées. Ce nouveau contrat aidé peut déjouer l'écueil de la "coquille vide" en ayant une visée claire qui est de parvenir à terme à un formation qualifiante. On évite aussi "bonne intention" en ayant un tuteur chargé de guider le jeune dans son nouveau métier. Pour un coût glabal annuel de 4000€ pour l'employeur, voici donc un contrat d'un genre nouveau qui peut aider à remettre de l'humain dans la ville sans enfemer le jeune dans une voie sans avenir. Cela mérite d'être tenté et nous en reparlerons!...

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 07:47

C'est l'été, il fait enfin beau. Chacun peut donc penser à trouver un peu de repos et changer de rythme. Tous ? Non! A Angoulême depuis maintenant 4 ans, rien n'est jamais aussi simple. Ce mois de juillet a été choisi pour tenter de mettre fin à un beau succès: la Régie Urbaine, chantier d'insertion et entreprise d'insertion qui fait tant pour nos quartiers.

 

touche-pas-a-ma-regie.jpgDepuis plusieurs mois, un conflit larvé oppose certains membres du Conseil d'Administration au directeur et aux permanents. Un conflit du monde du travail assez classique? Sauf que la tourneur des évènements est assez particulière. Cela en dit long sur les méthodes utilisées par la majorité locale lorsqu'elle veut récupérer une structure à son profit.

Que peut-on souligner?

La Régie Urbaine se développe bien, malgré la difficulté traversée par le monde de l'insertion: en 8 ans, le chiffre d'affaires a doublé pour atteindre 2 millions d'euros. A ce jour, 80 personnes travaillent grâce à cette structure: 20 permanents, 50 en insertion et 10 en intérim, sans compter la centaine de stagiaires qui peuvent ainsi au cours de l'année valider leur diplôme... une paille!

Pour autant:

* pas d'Assemblée Générale cette année, alors que cela devait être fait avant le 30 juin;

* pas de dialogue entre le Président et les permanents, alors même que ceux ci ont manifesté leurs attentes et désormais leur colère;

* une procédure de licenciement à l'encontre d'un Directeur utilisé comme bouc-émissaire...mais des légèretés en chaîne dans la gouvernance de l'association (cf l'écho instructif de Xavier BONNEFONT ici)

 

100_4391.JPGPhilippe LAVAUD avait beaucoup promis aux habitants  des quartiers et en particulier de Basseau. Veut-il aujourd'hui prendre la main sur une régie efficace pour garder pour lui un outil d'emploi? Toujours est -il que son conseiller municipal et Président  de la Régie n'y va pas avec le dos de la cuillère... au risque de tout casser et de faire exploser une structure qui existe maintenant depuis 17 ans.

Ce n'est pas vraiment une première. Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent de quelques cas similaires dans l'Agglomération: la Nef dont on pousse dehors le fondateur contre toute logique, la STGA dont le Directeur Adjoint dû son maintien à la mobilisation du personnel, le Conservatoire dont le Directeur fut accusé de tous les maux... autant d'exemples où la volonté de main mise politique fut manifeste.

Cet été, un pas supplémentaire est franchi: à deux reprises, le 13 (photo) et le 23 juillet, le dialogue social a consisté pour le Président à faire venir sur place la Police Municipale!!! Je suis de ceux qui respecte profondèment les forces de l'ordre. Je ne pense pas que les utiliser comme supplétif du PS soit un service à leur rendre. Les conflits du travail ont leurs règles, ceux ne sont pas celles de l'intimidation.

 

On se souvient des difficultés qu'a  pu avoir la majorité pour faire déménager les syndicats. Il a fallu un temps incroyable qui se solda par un décalage d'un an pour installer dignement une de nos écoles supérieures...

Désormais, lorsque les élus se sentent en difficulté, ils appellent les forces municipales.

Pour résoudre un conflit, il faut savoir dialoguer, pas menacer.

Pour soutenir une structure utile dans un quartier qui souffre il faut être prudent, pas être violent.

 

Comme Conseiller Régional j'ai eu l'occasion il ya quelques mois de visiter la Régie Urbaine qui bénéficie de certains dispositifs régionaux. J'avais retenu une impression de tension que je comprends mieux désormais.

J'en appelle aujourd'hui au Maire pour qu'il fasse trois gestes:

1/ tout d'abord, qu'il présente  des excuses pour l'utilisation inadaptée des forces de l'ordre municipales;

2/ ensuite, qu'il revienne sur la procédure en cours, prenne acte du fait que l'actuel Président ne peut plus désormais être un interlocuteur crédible et contribue à la nomination d'un nouveau Président ... pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une manoeuvre politique il serait de bon goût de faire place à une personnalité de l'oppositiondéjà impliqué dans l'association;

3/ enfin, qu'il accepte une solution de fond comme celle de créer un collège des salariés au sein du Conseil d'Administration.

 

Licencier dans de telles conditions un Directeur auquel on doit tant c'est prendre le risque de violences.

La Régie Urbaine n'est pas un jouet politique c'est un gage d'espérance pour beaucoup de familles.

La vie dans certains quartiers est trop rude pour accepter de jouer avec l'emploi de ceux qui sont les plus fragiles.

 

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:35

hemicycle-2012.jpgJamais la droite n'aura eu aussi peu de siège depuis 1981.

Jamais la gauche charentaise n'aura aussi largement remporté ses victoires.

Parmi les 36 élus du premier tour, deux viennent de nos circonscriptions.

 

C'est peu dire que d'admettre qu'il s'agit d'une claque. Claque collective pour la droite et le centre, mais il est vrai qu'il y a une logique institutionnelle : les législatives sont la confirmation du choix des présidentielles.

Claque pour la droite charentaise, sous des formes diverses: qu'il y ait eu ou non candidat unique pour la droite et le centre, la gauche est loin devant.

Claque personnelle: je n'ai pas réussi à faire entendre une proposition politique basée d'abord sur l'enracinement local. Le vote national a été plus fort que jamais. La question de ses élections fut assez simple: PS, UMP ou FN... le reste n'existe pas!

 

Chez certains, les commentaires sont rudes. Seul le résultat compte. S'il est faible, c'est donc que le candidat l'était. Point final.

Je prends acte de toute cette colère ou de la déception.

L'espace d'un instant il m'arrive pourtant de penser que tout cela est un peu rapide. Comment faire alors que 83% des Français trouvent leurs élus corrompus et que 50% préfèrent ne plus voter? Faut-il se résoudre à des démarches nationales? Faut-il s'en remettre aux seules logiques partisanes et à la bipolarisation? Ceux qui critiquent aujourd'hui ont ils bougé un petit doigt pour tenter de nouvelles propositions? Un jour ou l'autre, il y aura bien d'autres chemins à proposer. L'heure est à la modestie et à l'écoute pour bien choisir le nouveau cap.

 

Dans ce contexte de domination très marquée de la gauche, il est clair que chacun doit se remettre en question. Pour ce qui me concerne, je ne m'exclus pas de l'exercice nécessaire de remise en cause.

Cette campagne m'aura permis de m'enraciner dans la politique charentaise. Il faut voir les choses en face: vouloir des candidats qui soient un peu connus c'est aussi accepter qu'ils aient à faire leurs armes. Vouloir des élus enracinés, c'est aussi accepter qu'ils prennent racines.

Au-delà de scores décevants, je ne cesse de voir des personnes qui me disent en substance "Vous êtes dans le vrai pour votre travail de fond et votre exigence de présence dans la durée; mais vous devez vous unir". C'est très clairement ma feuille de route des prochains mois.

 

Mais, dans la tornade, il faut aussi voir des points positifs. L'espace d'un mois, une équipe est née. Pour beaucoup, c'est leur premier engagement. Alors que l'on constate une telle défiance pour la politique et des records d'abstention, cet enthousiasme est un signe. Je remercie encore chaleureusement tous ceux qui y ont pris part. Nous aurons prochainement l'occasion de nous revoir pour parler de l'avenir.

Le temps d'une campagne, les électeurs observent les candidats. Souvent ils les accusent de n'être visible et présent que pour les élections. Aller à nouveau à leur rencontre, c'est leur dire que "le canard est toujours vivant" et que mon engagement n'est pas temporaire. Jeudi soir pour l'inauguration d'un nouveau bistrot place des Halles, ce week-end sur trois marchés de la ville, samedi soir pour la Fête de la St Jean du Petit Fresquet, j'ai pu mesurer que la persévérance est une étape nécessaire de la vie politique.

 

Quelques clins d'oeil qui me portent actuellement:

Ce mot d'un conseiller régional de gauche cet après-midi : "j'ai eu une pensée pour toi dimanche car c'était  vraiment inattendu!".

Ce sms d'un angoumoisin "ne te décourage pas, tu es dans le vrai!".

Enfin cette réponse tranquille de mon fils à des "grandes" de cinquième venues se moquer du score de son père pendant la récréation : "ils n'ont qu'à être candidats vos parents!" ... j'avoue ma fierté devant sa répartie qui me fait penser à Kipling : "Tu seras un homme mon fils!"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 12:20

Dans quelques jours, il faudra choisir entre plusieurs candidats se réclamant de la droite et du centre.

Chacun a mené campagne, chacun a tissé ses réseaux, chacun est allé chercher une confiance auprès d’électeurs qui attendent une relève politique en Charente.

Nous sommes heureux de voir que cette campagne n’a pas donné lieu à des querelles stériles.

Nous sommes heureux d’avoir lu et entendu que les deux principaux prétendants de la droite et du centre ont, chacun, pris position pour se désister clairement pour celui qui sera en tête et pourra disputer le second tour. Ils ont créé les conditions pour que le second tour soit une addition. C’est la meilleure des hypothèses pour reconquérir une terre si largement dominée par les forces du seul Parti Socialiste.

Dans ces conditions, nous tenons à dire clairement que pour nous, l’objectif est bien de construire une étape positive pour 2014.

Les prochaines municipales se joueront sur la capacité des candidats à s’inscrire dans la durée en travaillant et en vivant ici ;  pas sur les seuls appareils politiques. Pour nous, préparer l’alternance de 2014, c’est voter pour Vincent YOU dès 2012.

Son expérience des responsabilités, ses facilités relationnelles et la constance de son engagement et de son travail gagnent notre confiance.

 

Alain CHAMBRIN, chirurgien ;

Anne-Sophie DESMARETS, enseignante ;

Antoine PONTAILLIER, chef d’entreprise, responsable d’une association pour le développement des industries régionales ;

Carine COADOU, commerciale dans les énergies renouvelables ;

Christian METAIS, responsable d’associations d’action sociale ;

Christophe CHIRON, radiologue ;

Gauthier d’HALLUIN, chirurgien ;

Ismaël DIOP, retraité ;

Jacqueline WILDE, responsable de fédération handisport ;

Jean-Baptiste CHAVOIX, chirurgien ;

Nelly GUESNON, secrétaire  d’une association de protection de l'enfance ;

Stéphane STRZELECKI, agent SNCF, syndicaliste ;

Thibault de MAILLARD, chef d’entreprise ;

Victoria MAILLE, étudiante ;

Vincent BEDU, chirurgien,

Xavier DEVIGE, enseignant.

 


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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 00:16

travaux-du-busway-et-arbres-coupes-copie-1.jpgLe temps de lire ses quotidiens du matin, le sang de notre Maire n'a fait qu'un tour: conférence de presse dès l'après-midi!

Il faut dire qu'à l'occasion d'un point d'étape sur notre pétition contre le TCSP (Transport Collectif en Site Propre, terme officiel pour parler du Busway qui n'est qu'une marque parmi d'autres), nous avons posé sur la table pas mal de points qui mettent Monsieur le Maire en défaut.

 

Tout d'abord la fameuse enquête publique.

Promis-juré, parole de Maire... l'enquête publique devait avoir lieu en juin 2012. Or au premier jour de ce mois, je constatais que rien n'était lançé alors que ce type de procédure doit être annoncé au minimum 15 jours à l'avance... allons nous donc devoir nous exprimer entre le 15 juin et le 15 juillet? Est ce un choix de date pertinent pour donner la parole ou une volonté d'avancer en catimini? Poser la question, c'est avoir la réponse!

L'après-midi même, le Président du Grand Angoulême précisait qu'il n'y aurait pas une enquête publique mais deux: la première sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU) en Septembre ("Promis-juré, parole de Maire"...) et la seconde en 2013 sur le TCSP...

Pour la clarté des débats, il est cependant utile de redire que le TCSP est intégré dans le PDU!

Ne nous privons pas de nous réjouir de ce report qui en annonce d'autres. Nous avons receuilli 3000 premières signatures. Notre analyse porte ses fruits: notre mobilisation peut faire reculer Philippe LAVAUD!

 

Ensuite vient la question des arbres.

Lorsque l'on observe les schémas issus de l'enquête de faisabilité, on voit très vite l'ampleur du problème.

largeur-busway.jpgbusway-deux.jpg

 

Pour réserver deux voies au TCSP en gardant des voitures à double sens, il est nécessaire d'avoir une largeur de 19.6 mètres ou 15.6 mètres si on limite au maximum les emprises. Inutile de faire de beaux dessins pour convenir que cela interdit de laisser des voitures sur l'essentiel de la traversée d'Angoulême. C'est le problème de Soyaux, c'est le problème de l'Isle d'Espagnac. Interdire de manière aussi forte l'accès aux voitures provoque une transformation de la ville: la petite cité de caractère, riche de son patrimoine et de sa vitalité devient une cité-dortoir!


La question des arbres n'est qu'une conséquence: le technicien interrogé par CL (ici) a donné les clés du projet: "nous allons replanter au moins autant d'arbres qu'il y en a (...) il faut voir ce projet radical dans le temps. Si on replante c'est pour cent ans"... il faut le lire pour le croire: nous sommes face à un choix politique technocratique basé sur le refus de voir que la vieillesse d'un arbre est ce qui en fait sa beauté. Dans le domaine on ne peut pas dire -1+1=0  car le beau tilleul  sous lequel on vient trouver l'ombre a mis plusieurs décennies pour se déploier!

Dès l'après-midi, le Maire a donc contesté cette hypothèse: "Promis-juré"...  c'est donc que le futur tracé devra interdire tout stationnement autour de la place et qu'il n'y aura pas de place pour le moindre arrêt du fameux grand bus au gasoil? Perspective délicate, équation impossible!

 

Terminons sur la consultation.

Il y a eu 5 grandes réunions de concertation. Beaucoup de graphiques, beaucoup de paroles, la promesse que jamais il n'y aura de taxe ménage pour ce projet... Mais rien sur les arbres, rien sur les places de stationnement éliminées, rien sur la question de l'accès à la Clinique Saint Joseph, rien sur le maintien ou non du circuit historique du Circuit des Remparts... Beaucoup de fumée pour pas grand chose.

Avec ce nouveau calendrier des enquêtes publiques, je fais une proposition: le Maire doit prendre l'engagement de ne pas lancer l'appel d'offres avant les municipales de 2014. S'il choisit d'anticiper, il bloque la possibilité pour son éventuel(le) successeur de faire d'autres choix. Par respect pour la démocratie, il serait légitime d'attendre.

 

D'ores et déjà, la mobilisation doit se poursuivre. Les avocats du projet sont peu nombreux. Au sein même de sa majorité, le Maire sait qu'il est mis en cause et qu'il n'est pas suivi. Cela ne devrait pas être une question de droite ou de gauche.

Comme candidat de territoire pour cette élection législative, je vous invite tous à notre réunion publique du mardi 5 juin à 20h30 à la salle des Fêtes de Puymoyen. Nous présenterons notre analyse et nos propositions alternatives. On peut faire bien sans dépenser 103 millions. Il reste à se mobiliser et à se faire entendre!

 

 Un dernier mot, puisque notre Maire considère que son projet est un projet socialiste: prend-t-il comme exemple la ville de Saint Nazaire où l'arrivée du TCSP a conduit à la coupe de 383 arbres?

Au vue de la photo de l'association Natur-action (ici) présentée en tête de cet article, nous ne pouvons qu'inciter les amoureux des arbres à nous rejoindre!


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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 23:16

culture-en-danger-01.jpgS'il est un domaine que l'on classait hâtivement à gauche c'est bien la culture!

Sans doute s'agit-il d'un illusion tenace qui voudrait que la droite soit gestionnaire et la gauche plus ouverte à des réalités humaines qui dépassent les logiques arithmétiques.

Je ne sais s'il reste quoi que ce soit de ce type d'exagération. Vu de Charente, il n'est pas mauvais de redire quelques vérités récentes.

 

La gestion de la culture par Philippe LAVAUD n'est qu'une succession de crise d'autorité. Il y a eu la mort rapide de la Garden Nef pour un conflit avec son génial fondateur. Nous avions un créateur de talent qui avait offert à Angoulême la plus belle scène estivale... il a préféré démissionner et roule désormais sa bosse en dirigeant la Cigale SA et les plus belles salles de Paris. Lorsque l'on cherche à bien gérer, il faut d'abord gérer ses relations personnelles et savoir reconnaître les talents autour de soi. Echec numéro 1.

 

Puis vint la tentative de regroupement. La Nef, Carat, pourquoi pas la Scène Nationale... un grand regroupement pour ne plus voir qu'une tête? La confusion, la mise sous tutelle ne font jamais la créativité. L'art c'est d'abord la liberté, ce qui nécessite de la laisser à ceux qui sont inspirés. Vouloir tout administrer, c'est croire que l'on maîtrise tout. Le rêve de salle pleine de supporters qui clament le nom du patron, la recherche d'un amour perdu chez les électeurs que l'on retrouverait chez les consommateurs. Terrible dérive qui consiste à transformer le citoyen en consommateur et l'amateur des arts en cible électorale. Petite gestion.

 

L'épisode actuelle pour les classes CHAM est d'un autre registre. On met en avant la gestion pour une hypothètique économie alors que tout le modèle fonctionne sur la complémentarité. Le collège prête des salles (puisque le tarif ne peut pas prétendre être un loyer), le conservatoire complète les horaires de ses enseignants. Les deux s'y retrouvent, sauf ceux qui pensent encore qu'on ne gère bien qu'en rationnant. Dans un contexte où certains enseignants contractuels ne peuvent légitimement qu'espérer une titularisation, il est bien facile de les mettre en tension. Mais c'est insupportable car la gestion des hommes passe par des perspectives. Et c'est scandaleux car les élèves n'ont pas à être mis en danger par des querelles au sein du PS.

 

On pourrait aussi revenir sur l'épisode du FFA et la tentative de mise à mort d'un festival prometteur pour venger un différend politique. Les choses se tassent avec le temps. J'ai demandé lors de la dernière réunion de Poitou-Charentes Cinéma que l'on cesse de dire au personnel de cette régie qu'il leur était interdit de participer au festival...Parce que c'est la triste réalité: chaque mois d'Août, nous avons un grand nombre d'acteurs et de producteurs à Angoulême mais le personnel de PC Cinéma a ordre de ne pas quitter la maison alsacienne!

Nous avons un "bureau d'accueil des tournages" mais il ne peut pas travailler lorsque les acteurs et producteurs sont sur place... ordre venu d'en haut, entre Poitiers et un rêve de perchoir... Grande misère.

 

Par ailleurs, il y a des vents mauvais qui soufflent en Europe sur notre capacité à garder une politique d'aide à la production de films. Au nom des valeurs de l'Union Européenne, la Commission prépare une nouvelle réglementation dont tous pensent qu'elle va consister à couper les liens entre les aides et les territoires. Aujourd'hui une Région peut aider un film en donnant une subvention. Toutes les études montrent que celle-ci permet un effet levier de 1à 4 voire de 1 à 10. Parce que cette aide est conditionnée par la vérification d'un ancrage territorial. On vous aide mais vous emploierez nos techniciens ou nos acteurs ou nos figurants. Souvent les trois en même temps...

Cette règle est susceptible de tomber au nom de la sacro-sainte concurrence. Au nom des valeurs de l'UE, on aurait pu rêver mieux!

Je trouve cette dérive détestable. Elle va transformer la culture en produit désincarné. Elle va renforcer une conception marchande de l'Europe et de la création. Elle va détruire nos territoires dans leurs efforts pour développer une vie culturelle qui ne nous utilise pas comme un décor mais comme acteurs.

J'ai saisi Ségolène ROYAL  de ce problème en Octobre dernier (voir ici). PC Cinéma a commencé à en mesurer les risques. Notre filière de l'image peut être fragilisée à son tour. C'est pourquoi j'ai écrit à la nouvelle Ministre de la Culture pour solliciter son intervention.

Il ne faut jamais désespérer. L'heure est cependant à l'engagement car un territoire sans culture n'est qu'une jachère humaine. Je suis un candidat de territoire pas le soldat d'un appareil. J'ai le goût de la liberté. J'espère que cette lettre qui dépasse les clivages permettra de défendre une conception de la Charente qui n'écrase pas la culture mais cherche à en faire une de ses caractéristiques.

 

 

Madame la Ministre,

Au moment où vous prenez vos responsabilités ministérielles, je souhaite très sincèrement votre pleine réussite dans ce domaine si important pour un pays comme la France.

Parmi les nombreux dossiers sur lesquels vous êtes attendue, je veux attirer votre attention sur la question des aides à la production.

La Commission Européenne travaille actuellement à un nouveau cadre réglementaire dont beaucoup pensent qu’il remettra en cause les liens entre aides régionales et territorialisation.

Si cette tendance devait être confirmée, il me semble que cela serait gravement préjudiciable à notre économie culturelle, à notre conception de la place des territoires et, plus profondément, à notre conception de l’Europe.

 

Pour ce qui concerne la Région Poitou-Charentes, quelques faits méritent d’être soulignés :

  • L’impact économique de l’existence d’un fonds d’aide est incontestable. Pour la Charente une étude rendue au Conseil Général a conclu à un effet levier de 1 pour 10 (emplois, prestataires de services, hôtellerie et restauration…) ;
  • Notre territoire a désormais une longue tradition culturelle qui intègre tout aussi bien des écoles, des festivals et des entreprises ;
  • Il s’agit d’un secteur aussi prometteur que fragile : c’est pourquoi il est particulièrement nécessaire de veiller à consolider les mécanismes économiques qui permettent un enracinement.

 

Pour ce qui est du seul département de la Charente, un collectif créé il ya quelques mois écrivait : « Nous attirons votre attention sur le fait que, outre un apport économique indéniable (dépenses en  région, emploi, retombées en terme d’image, etc.), le secteur de la production cinématographique et audio visuelle remplit également un rôle social important via les cachets de figuration bénéficiant souvent à des populations à faible revenus (retraité, étudiants  précaires etc.) ou en complément non négligeable dans certains ménages (mères de famille, salariés entre deux contrats etc.), cette population représente environ 2300 personnes (source fichier figuration) ».

 

Il est inutile de faire une grande démonstration pour dire que nos équilibres économiques actuels sont fragiles. Baisser la garde en diminuant notre exigence de rendement local serait une rupture profonde avec le modèle français actuel. Nous risquons tout simplement d’annihiler l’effet levier des aides locales.

Je ne pense pas que nous puissions accepter que la culture utilise les territoires comme un simple décor. Cette réforme risque de nous entrainer dans une conception utilitariste de la culture et de couper le lien entre les hommes qui font la culture et les territoires où ils vivent. Produire un film ou une œuvre ne doit pas être considéré comme un acte désincarné qui pourrait s’imaginer ici ou ailleurs. Il y a un lien entre les êtres, leurs créations artistiques et les lieux. Derrière tout cela, il en découle une économie qui peut se développer et des emplois créés.

Enfin, je ne peux qu’espérer que ce sujet soit l’occasion de retrouver une orientation plus claire de l’Europe. A force de mettre en avant la recherche de concurrence, l’Europe en oublie ses territoires, ses peuples et ses valeurs. Il serait inacceptable que la pression européenne aboutisse à faire des productions culturelles un simple produit d’une société qui ne reconnaitrait plus de règle supérieure à la concurrence… Pour ceux qui ont aimé l’Europe comme projet politique de réconciliation, il y aurait une rupture supplémentaire que vous ne devez pas laisser passer.

Sous des aspects qui peuvent sembler secondaires, ces questions nous renvoient à des choix politiques très importants. C’est pourquoi, je veux croire, Madame la Ministre, que vous veillerez à donner une suite favorable à ce courrier.

En vous remerciant par avance pour votre mobilisation, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de tout mon respect.

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 17:14

Bordeaux-2.jpgLa campagne officielle est lancée depuis quelques jours. Elle sera courte. Dans moins de trois semaines, le premier tour sera clos.

Va-t-on pouvoir profiter de cette campagne pour porter des propositions de fond? Ou va-t-on rester enfermé dans le jeu des bisbilles et des bons mots?

Pour ce qui me concerne, j'ai des choses à dire. J'aimerais que des débats puissent aider les Charentais à choisir.

S'il y a UNE proposition locale qui me tient à coeur, c'est celle de changer de braquet en posant une nouvelle frontière pour notre territoire.

La Charente est riche de mille atouts mais elle ne sait pas en faire des leviers.

Nous ne pourrons pas faire l'économie d'une vraie réforme des collectivités qui permette à notre département de rentrer dans une grande Région.

Il y a toujours un peu de poésie à dire d'où viennent nos départements: il convenait à l'époque de dessiner un territoire dont tous les habitants pouvaient rejoindre la Préfecture en moins d'une journée à cheval... noble perspective! Mais peut-on vraiment bloquer notre fonctionnement sur cette logique?

 

Si les départements répondent aujourd'hui à leur mission sociale de proximité, je crois pour ma part, que nous ne pouvons pas garder nos régions en l'état. Il y a trois raisons au moins pour changer de braquet:

 

1/ les Régions modernes sont celles qui ont une histoire forte

Ce serait une grosse erreur stratégique de penser que la mondialisation va durablement imposer une uniformisation. Je crois au contraire que la mondialisation nous impose de valoriser nos spécificités. Nous rentrerons dans tous les nouveaux marchés qui s'ouvrent à l'autre bout du monde si les nouveaux consommateurs ont conscience qu'en choisissant nos produits ils achetent un bout de France. Nos productions ne seront pas valorisées seulement par leur coût mais aussi par tout ce qu'elles portent d'unique au monde. Reste à pouvoir donner un peu d'écho en parlant de notre Région. Il y a trois mots qui parlent à tout le monde: le Cognac, l'Atlantique et Bordeaux. En unissant ces trois mots dans une grande Région on construit une puissance économique nouvelle. Ou plutôt, on donne une chance nouvelle à nos atouts économiques, en les habillant d'un nom qui porte du sens. Peut-on faire l'économie de cette nouvelle frontière?

 

2/ les Régions modernes doivent être celles qui portent le développement économique

Cela passe par des infrastructures modernes: transport, numérique, gestion des déchets... autant de nécessités incontournables pour répondre aux besoins de nos PME. Mais ces investissements sont coûteux, il est donc nécessaire de les réaliser sur des territoires vastes qui favorisent des économies d'échelle.

Ce nouveau périmètre doit aussi permettre de regrouper les structures: 80 "developpeurs" en Charente, payés ici et là par toutes les strates administratives et politiques... cette confusion ne peut plus durer!

 

3/ les Régions modernes doivent être construites autour de métropoles européennes

Malgré tout le charme de cette bonne ville de Poitiers ... elle est et restera durablement la 83è ville de France. Comment l'imaginer devenir une locomotive? Il est une évidence incontournable que Bordeaux est devenue une métropole européenne. En terme d'université, de tourisme et d'économie, nous aurions un intérêt direct à rapprocher nos fonctionnements. Nous savons que la LGV va changer notre géographie. 34 minutes entre Angoulême et Bordeaux c'est un changement de perspectives. Ceci nécessite de nombreuses adaptations (logement, voies secondaires...) qui permettront de mieux toucher du doigt le rêve de tant de personnes qui est d'associer ville et campagne dans leur équilibre de vie. Il est temps de commencer à s'en préoccuper.

 

 

Je ne sais pas s'il s'agit d'une idée de droite ou de gauche. Mais je sais qu'elle est fondamentale.

Je sais que je n'invente rien. En 2008 encore, la Commission Balladur évoquait ce sujet. Mais l'idée fut enterrée, sans doute pour un ensemble de raisons.

C'est peu dire que de souligner que les élus locaux ont freiné des quatre fers pour garder leur pré-carré. Voyez-vous Ségolène Royal et Alain Rousset se partager un siège de Président?

Jamais cette question n'a vraiment donné lieu à un débat démocratique. On l'évoque souvent, mais on l'oublie le temps des campagnes électorales...

 

Là aussi il est temps de sortir de la routine!

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 18:46

michel-meunier.jpg J'ai fait le choix de mener une campagne de territoire sur la base des réflexions de l'élu local que je suis.

Au cours des différentes étapes de ma vie professionnelle, j'ai eu la joie de rencontrer Michel Meunier, l'actuel Président national du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD).

C'est un autodidacte hors du commun qui a une parole libre et une force de conviction incroyable (une présentation plus complète ici).

 

Nous avons travaillé ensemble à deux occasions: sur les questions d'exclusion (qui faisaient parti du périmètre du Ministère du Logement et de la Ville lorsque j'en étais chef de cabinet), et sur les questions de mondialisation et de Responsabilité Sociale des Entreprises (dans le cadre du G20).

Du travail en commun est né une amitié. Nous avons le même âge, la même envie de trouver des idées nouvelles pour répondre à une crise nouvelle.

Il viendra ce mardi 22 mai à Angoulême, participer avec moi à un apéritif-débat sur un thème central:

 

"A la recherche de l'emploi: quelles politiques pour les entreprises?"

 

L'occasion de prendre le temps d'évoquer mes propositions pour cette question majeure.

L'entrée est libre. Vous y serez les bienvenus!

 

RDV à partir de 19h au "Saint Germain", place Louvel à Angoulême.

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