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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 22:52

200px-Jean-christophe-fromantin.jpgAvec toutes les activités qui reprennent, il n'est pas toujours facile de prendre le temps de prendre de la hauteur.

Pour ce faire, je peux cependant vous assurer qu'il y a une occasion à ne pas rater.

Avec Francois Bonneau, le patron au Conseil Général de l'opposition en Charente, nous organisons le jeudi 20 Octobre la venue de Jean-Christophe FROMANTIN en Charente.

J'ai connu Jean-Christophe dans le cadre de mon travail avec Christine BOUTIN sur la mondialisation. L'entrepreneur expérimenté qu'il est nous avait partagé ses analyses et expertises. Dans la crise qui est la notre, ses propos sonnent justes: il évite l'écueil de la candeur (nous pouvons faire face au libre-échange actuel sans nous poser de question car il suffit maintenant de produire pour vendre à tout le monde) et celui de la peur (nous devons sortir du monde et dresser des barrières).

 

Mais encore faut-il savoir quels sont nos atouts et comment fonctionne le commerce mondial dans un temps où l'internet nous permet à chaque instant de savoir ce qui se vend à l'autre bout du globe. Son point de vue est ancré sur une idée de nos territoires, une volonté de dynamisme qui découle de nos traditions et de notre histoire.

 

 

 

 

C'est par ailleurs un homme politique hors du commun. Courageux (il a gagné la mairie de Neuilly sans y être particulièrement invité par les forces en présence...), chaleureux et simple:  voilà un entrepreneur qui laisse à penser que la politique peut être encore un lieu de convictions et un engagement basé sur la volonté de garder sa liberté et de donner du sens à son action. Un témoignange rafraîchissant!

 

 

 

 

Je vous invite donc tous à participer à la réunion publique (entrée libre) organisée à l'occasion de sa venue à Angoulême.

Nous nous retrouverons de 19h à 20h30 à l'Hôtel Mercure d'Angoulême.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 12:48

mademoiselle.jpgPlus de 20 ans après la chute du Mur de Berlin, 10 ans après le 11 septembre et 3 ans après la faillite de Lehmann Brothers... que reste-t-il des notions de droite et de gauche?

La chute du communisme, l'émergence de nouvelles lignes de fracture et la fin de l'idéologie du marché roi pourraient laisser penser que les clivages politiques du 20ème siècle ne sont plus d'actualité.

Pour autant, il y a bien, in fine, un deuxième tour qui oppose en général la droite et la gauche. Tout redevient alors comme avant: l'un accuse l'autre de conservatisme ou d'être ultra-libéral, l'autre parle de soviétisme et de soixante-huitard...

Je n'ai pas 40 ans et je dois avouer que ces conflits me lassent. Mais il faut bien constater que ces distinctions sont encore durablement enracinées. Je pense d'ailleurs que nous sommes dans un temps spécifique où les lignes vont finir par bouger.

Prenons un exemple révélateur. Alors que nous comptons 4,4 millions de chômeurs en France, il est des mouvements politiques qui choisissent ce moment pour engager un combat particulièrement décalé: le refus de devoir se dire "mademoiselle"!

Et oui, mesdames et messieurs, si vous pensiez avoir choisi des élus sur un projet économique et social, sachez qu'il y a aussi toute une dimension sociétale qui n'est pas toujours visible mais qui est une forte source de motivation pour nos édiles...

De quoi s'agit-il?  de faire en sorte que les documents administratifs cessent de donner le choix entre "mademoiselle" ou "madame".... quel est l'enjeu selon les militants de cette cause? Le refus d'une "connotation condescendante" qui serait la-marque- d'une-inégalité- inadmissible-entre-hommes-et-femmes...

 

C'est avec ce type d'action que l'on voit que les lignes bougent. Localement, la mobilisation contre ce mot discriminateur est relayée par Madeleine Labie. Charente Libre nous révèle même qu'elle a déjà pris le temps d'écrire à sa banque, son assurance, sa mutuelle, sans oublier son employeur: l'Éducation nationale! Une détermination qui montre l'importance accordée à cette lutte...

De mon côté, je suis plutôt sensible lorsque certaines amies m'évoquent leur colère de devoir remplir la case "sans activité" lorsqu'une mère de famille a choisi de consacrer quelques années à l'éducation de ses enfants... de ce combat, je ne trouve aucune trace dans l'action des chiennes de garde et de leur relais locaux.

 

C'est ici que je dois préciser un point important: j'ai beaucoup de considération pour Madeleine Labie (son blog pour la connaitre est: ici). Je trouve qu'elle fait preuve d'une vraie cohérence et liberté dans son action politique. Certains de ses combats sont aussi les miens. Ce n'est pas pour rien que j'ai proposé il y a quelques mois qu'elle soit choisie pour présider la "SEM Territoires de Charente" qui gère les extensions commerciales autour d'Angoulême (ou justement non: qui mène les projets sans aucun souci de pondération et d'équilibre... on ne peut pas parler de gestion là où il y a une fuite qui finira par des friches). Pour le reste, je suis aussi de ceux qui pensent que le politique doit reprendre le dessus sur l'économie, qu'une société humaine doit faire place au souci du long terme, que la nature est une richesse que nous devons respecter... bref, que je refuse de donner les clés de la collectivité au marché et à la "main invisible".

collier-nouilles.jpg

 

C'est peut-être ce qui pêche chez certains militants écologistes. On pense avoir voté pour redonner sa place à la nature, pour bloquer les tendances commerciales aveugles, pour relayer les attentes de verdure, d'espace et de silence... et finalement on s'aperçoit qu'il y a d'autres combats cachés derrière.

 

A Angoulême, nombreux se souviennent encore de cette adjointe écologiste, responsable régionale du parti, qui a expliqué tranquillement qu'elle considérait que la "Fête des Mères"  ne devait pas être prise en compte par la ville  car il s'agissait d'une fête pétainiste!!!

Comme si en 2011, parler de famille c'était être coupable de collaboration avec le nazisme! Comme si les parents émus devant le collier Panzani offert par leur petit enfant devaient se sentir coupables devant ce mouvement réactionnaire...

 

Bon! J'ai la chance d'appeler Madeleine par son prénom. Je ne risque donc pas d'utiliser un mot qui puisse la blesser ou la mettre en colère. Pour moi c'est ça qui est essentiel dans les rapports entre hommes et femmes.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 22:36

 

soyaux-vitres.jpgCe matin, je suis allé voir in situ un exemple de la violence de notre société.

La scène se passe à Soyaux, au cœur de la Charente, dans un quartier marqué par de profonds travaux de Rénovation Urbaine. Durant ce dernier week-end, quatre classes de l’école Jean Monnet ont été totalement saccagées. De la peinture partout sur les sols et les murs, plus de 40 vitres défoncées à coup de marteau, du matériel de toute sorte et du mobilier détruit… comme une tornade sur cette école primaire.

Les coupables sont connus, ils ont avoué. Il s’agit d’enfants : deux gamins de 8 et 11 ans !

 A l’âge où d’autres jouent aux billes ou à « chat perché », ces deux là ont défoncé une école au point que les travaux rendront les classes inutilisables jusqu’à la Toussaint !

Comme le précise Cyril Vidalie, vice-procureur d'Angoulême à Charente Libre: « Le plus jeune a fait l'objet d'un placement immédiat dans une structure éducative du département", le second, âgé de 11 ans, "déjà placé dans une famille d'accueil et qui rendait visite à sa famille biologique à Soyaux a vu ses droits de visite suspendus".Rien ne dit aujourd’hui que ces deux enfants aient été seuls pour leur triste besogne. Les dégâts sont tels que l’on imagine facilement la présence d’autres coupables. Pour autant, quoiqu’il en soit, que peut-on dire de cet évènement tragique ?

Drame social dans une zone difficile ? Sans doute. Drame du désœuvrement ? Sûrement aussi. Pourtant, on ne peut rester à ces explications. Pour moi, c’est le drame de notre société qui est en scène ici. Le drame d’une société qui ne sait plus transmettre de valeurs. Le drame d’une société où l’autorité parentale a éclaté en morceaux. Le drame d’une école qui ne suffit plus à donner un cadre tant la sphère familiale semble éclatée et fragilisée.

Il ne s’agit en aucun cas de faire ici le procès des enseignants. Au contraire, ce cas tragique devrait d’abord nous inciter à les remercier d’être encore présents et de faire au mieux. J’ai pu voir leur ardeur à reconstruire, leurs attentions pour épargner aux enfants un spectacle morbide.

 

Ces deux jeunes sont les produits de décennies de confusion. Lorsque viendra le temps de cibler les responsabilités, il faudra aller au-delà des personnes.

De quoi ce drame est-il le nom ?

A quoi ces images nous renvoient elles ?

Comment peut-on proposer des pistes pour reconstruire ?

 Lorsque l’on écoute les propositions actuelles des candidats aux primaires socialistes, on mesure comme un décalage. L’un parle de création de postes, l’autre de revoir les rythmes des journées, le troisième de repenser le métier d’enseignant. Pour sa part, Ségolène Royal propose la présence d’un deuxième adulte dans la classe.

Sûrement y a-t-il de bonnes choses dans toutes ces pistes. Mais qui peut les trouver à la hauteur du problème ?

A droite, Luc Chatel est parti en Finlande trouver des idées pour revoir la journée, proposer de nouveaux fonctionnements, envisager plus d’autonomie pour les enseignants. Le jour de la rentrée, il a signé une circulaire pour réintroduire la morale en primaire en engageant les enseignants à présenter et expliquer des maximes aux enfants.

Sûrement y a-t-il de bonnes choses dans toutes ces pistes. Mais qui peut les trouver à la hauteur du problème ?

 

soyaux.jpgPour ce qui me concerne, le drame de Soyaux nous place face à une double crise.

L’école saccagée de Soyaux c’est l’image de la crise de la famille. Une crise de l’autorité parentale après des décennies où l’on a refusé de dire aux parents qu’ils étaient les premiers éducateurs de leurs enfants. On se retrouve aujourd’hui avec des parents qui n’ont pas le sens de leur responsabilité et qui abdique devant leurs enfants.

Plus profondément, c’est une crise de valeurs. Le signe d’une société qui a oublié que pour conjuguer la liberté et la paix, il faut veiller à garder des valeurs communes. Si l’on ne partage aucune règle, si l’on a rien de commun sinon de vivre au même endroit, alors tout est permis.

L’école saccagée de Soyaux c’est l’image d’une société qui ne sait plus transmettre. C’est aussi l’échec d’une lente transformation de l’école qui se trouve chargée de tout construire seule, au prix parfois de ne plus pouvoir assurer ses vraies missions.

 

Pour avancer aujourd’hui, nous ne pourrons pas rester sur un traitement de l’aval. L’encadrement militaire que proposent les écoles Défense Deuxième Chance produit de vrais résultats positifs … mais cela n’est qu’une mesure réparatoire pour des volontaires.

 

Il est donc urgent de mettre en place des politiques en amont.

La première responsabilité politique pour un élu c'est celle de l'humilité devant l'immensité de la tâche. Mais il faut aussi agir. Les élus locaux utilisent tous les outils à leur disposition. Leur action doit être saluée. Mais il faut, au niveau national, faire bouger les lignes. Je vois trois pistes nécessaires :

  1. créer dans chaque département des écoles des parents qui visent à reconstruire l’autorité parentale ;
  2. dire clairement que l’éducation relève des parents et l’instruction de l’école, par exemple en remplaçant le Ministre de l’Education Nationale par un Ministre de l’Instruction Publique, quitte à multiplier par ailleurs les formules d'encadrement militaire (au fond il faudrait un nouveau service national) ;
  3. réformer l’école sur les seules priorités qui vaillent : lire, apprendre et compter en permettant aux enseignants de tourner le dos aux logiques occupationnelles, aux pédagogies destructrices au profit de méthodes classiques (récitation, apprentissage syllabique de la lecture, réhabilitation de l’histoire de France pour que nous partagions tous une même culture…).

 

Aujourd’hui la communauté éducative de Soyaux est sous le choc. Les murs de l’école vont être rénovés. Un vrai élan de solidarité a permis de mettre du baume au cœur à ceux qui rassemblent leurs forces pour reconstruire. Chacun d’entre eux doit être remercié car ils font vivre l’espoir.

Mais il faut aussi espérer que la campagne présidentielle nous permettra de débattre de solutions qui touchent au cœur de la crise que nous traversons.

Vu la tournure prise par la pré-campagne, on peut légitimement craindre que ce ne soit pas le cas…

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 10:22

nocif.jpgaprès quelques nécessaires semaines de repos, me voici de retour à Angoulême.... pour ceux qui me considérent comme un adversaire, j'ai le plaisir de leur annoncer que "le canard est toujours vivant!" et même plutôt en bonne forme...

L'actualité nationale et internationale nous montre que nous entrons dans des zones de turbulences. Plus personne ne doute maintenant que nous allons devoir affronter des choix douloureux. Je suis pour ma part sidéré de voir le fossé entre nos polémiques locales et les questions nationales et mondiales. Je ne donnerai ici qu'un exemple, même si l'on pourrait aussi beaucoup parler de la culture, des animations d'été ou du maintien de l'aveuglement municipal sur les questions de sécurité.

 

Dette, règle d'or, emprunts toxiques et responsabilité des élus...

Si il y a un mérite à cette crise estivale c'est bien que désormais les choses sont claires. Faire un déficit pour les dépenses courantes, c'est transmettre une dette aux générations qui nous succèdent et fragiliser notre capacité d'action.

Pour ce qui me concerne, je trouve que le principe de la "règle d'or" est bon. Pendant trop longtemps, nous avons laissé filer les déficits ce qui a créé un terrible effet "boule de neige"... il nous faut revenir à des grands équilibres en jouant si nécessaire sur les baisses de dépenses et les hausses de recettes.

Nous sommes tous les héritiers d'années de démagogie où les gouvernants on choisit la facilité et d'années de crise où les gouvernants on dû assumer un plan de relance coûteux mais nécessaire. Aujourd'hui il faut stopper cette dérive et revenir à plus de modestie... et une volonté d'union nationale, au delà de la droite et de la gauche, me semble légitime.

Que le PS veuille trouver d'autres formes que le projet actuel de loi constitutionnelle ne me semble pas un problème majeur. J'espère que l'on trouvera un accord sur les formes dès lors que la volonté sur le fond nous oblige.

 

Par contre, l'attitude du maire d'Angoulême sur un sujet finalement similaire ne peut que soulever l'interrogation. Sur les emprunts toxiques, on sait que Philippe Lavaud a hérité d'une dette composée, pour une part, des largesses de son ami Boucheron et, pour une autre part, d'emprunts toxiques de 2006. Nous ne savons rien de ce qu'il a entrepris, entre 2008 et 2010, pour gérer le risque de montée des taux alors qu'il bénéficiait des effets positifs et favorables de ces emprunts. Face à la réalisation du risque, il se trouve comme le gouvernement actuel qui doit gérer la "patate chaude".

Il y a deux attitudes:

celle de Fillon est de voir le problème en face (pour ce qui me concerne, je n'approuve pas franchement les modalités de son plan, mais j'en soutiens le principe)...

celle de Lavaud est de fuir ses responsabilités. Sauf changement (il n'est jamais interdit d'espérer...) il a donc choisi de faire voter un budget 2012 en déficit pour que le Préfet soit amené à faire à sa place des choix qui permettent l'équilibre!!!

Pour quelqu'un qui se prétendait gestionnaire c'est vraiment le sommet de la fuite! Philippe Lavaud nous avait habitué à ne voir dans ses problèmes que la responsabilité des autres; désormais il va chercher les autres pour régler ses problèmes!

 

Je tiens à saluer l'attitude travailleuse et constructive de l'opposition municipale qui a démontré être prête à assumer ses responsabilités.

Je redis ici (cf mon article de juillet sur ce point)  que l'on doit faire des choix et que la situation nécessite de revoir nos ambitions à la baisse car il y a bien un lien entre le budget de la Ville et les dépenses ou recettes liées à la médiathèque ou au busway. Dire l'inverse est un mensonge, les dépenses et recettes de la Ville et du Grand Angoulême ne sont pas sans rapport...

 

Les angoumoisins pensaient avoir élu un maire, ils découvrent maintenant un fuyard. Etre maire ce n'est pas seulement aller aux soirées de clotûre des festivals avec ses camarades du parti. C'est tenir la barre et fixer un cap...

 

Tout porte à croire que nous aurons bien des occasions de reparler de tout cela... bonne rentrée!

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 16:03

Produits_toxiques1.jpgIl y a des semaines où l'actualité s'agite. A Angoulême, nous sommes loin des frasques de NY mais nous avons notre lot de surprises régulières...

Il y a quelques mois, notre Maire annonçait que la Ville avait souscrit des emprunts "toxiques" en  2006 et 2007 et risquait de le payer très cher... Attention, attention, le chiffrage était précis: 831 855 euros pas un moins. Nous étions en mars 2011.

En Avril de la même année: le rapport sur la dette diffusé en conseil municipal donne davantage de détails et arrivait à un chiffrage de ... 583 000 euros, pas un de plus...

En juin, toujours de 2011, Philippe Lavaud fait son bilan de mi-mandat et se projette dans l'avenir: pourquoi pas finalement construire une piscine? c'était dans les promesses électorales non? Pas un mot sur la dette explosive, le tsunami japonais est oublié alors que l'on expliquait il y a peu qu'il aurait des conséquences sur les monnaies et donc sur nos emprunts...

Pouvons nous partir en vacances tranquilles? et bien non, le nouveau chiffrage est arrivé vendredi dernier: ce sera finalement 1 100 000 euros et l'on apprend qu' il faudra donc monter les impôts pour équilibrer les comptes!!!

 

Faut il rire ou pleurer?

Tout d'abord, sans doute, il est nécessaire de remettre les points sur quelques i.

1/ une situation qui pose problème

 

  • Etant directeur financier de Girac à l’époque où les banques proposaient ces produits, je connais bien cette problématique  des "emprunts toxiques" : alors que les taux sont, par exemple, à 4% on vous propose de bénéficier d'un taux à 2%... alléchant non? oui sauf qu'il y a un pari: si telle courbe financière (le dollar, le franc suisse ou le swap sur 2 ans) vient à croiser telle autre courbe (la valeur du yen ou le swap à 20 ans), alors il faudra rembourser non pas 2% ni 5% mais le résultat d'une équation sordide... pour celui qui se projette dans cette hypothèse, on voit que le résultat peut être de payer 10%, 15% voir un peu plus!
  • J’ai fait le choix pour l’hôpital de ne pas recourir à ce type de solution car le pari me semblait trop risqué et tout à fait inadapté à une saine gestion publique... la Ville n'a pas fait ce choix: objectivement c'est une erreur.

 

2/ un problème surtout si le risque n’est pas anticipé

 

On ne peut pas oublier que ce type d’emprunt a permis des conditions très favorables pendant plusieurs années… c’est même son principe de base : on échange des conditions très favorables en prenant un risque très fort.
La bonne gestion si on prend ce type d’emprunt, c’est donc de provisionner pendant toutes les années favorables pour couvrir le risque. Le problème est donc surtout que cette logique n’ait commencé qu’en 2011 et a minima… Si on gagne 2M€ par an pendant 4 ans on peut donc prévoir d’en mettre de côté pour « le cas où »… cela n’a pas été fait.
On peut d’autant plus le regretter lorsqu’on remet la situation en perspective. Depuis 2002, le désendettement de la Ville a été particulièrement marqué.
Le remboursement des intérêts de la dette représentait en 2002 une somme de 6 361 KF contre 3 928 KF dans le budget 2011, soit une différence de 2,3 millions d'euros à mettre en perspective avec le coût annoncé de 1,1 millions d'euros pour 2011...
La réalité du problème c’est que la Ville a souscrit trois emprunts toxiques sans en couvrir le risque alors que l’évolution de la dette le permettait. Les deux équipes successives ont été face à la même situation et ont fait les mêmes choix : on utilise les marges pour de nouvelles dépenses pas pour couvrir le risque ! Dommage !

3/ quels choix de gestion pour aujourd'hui et pour demain?
A mon avis il y a d'abord trois solutions impossibles:

Impossible d’augmenter les impôts ! c’est toujours une facilité, mais nous sommes aujourd’hui au seuil de rupture. L’augmentation en 2010 a manqué de faire déborder le vase : beaucoup aujourd’hui préfèrent s’installer hors Comaga… attention à ne pas accentuer la désertification de la ville ;
Impossible de limiter les budgets de la propreté et de rénovation de la voirie ! nous sommes là aussi en deçà du minimum vital. Ces dépenses doivent être sanctuarisées.
Impossible de réduire la solidarité : car la population d’Angoulême est dans une grande paupérisation ; nous devons empêcher ce qui pourrait faire basculer des familles dans la misère.
 
Que pouvons nous faire alors?
Il y a des dépenses nouvelles que personne ne pleurera et qu'il est nécessaire de stopper: pourquoi avoir créé un poste d'attachée de presse? pourquoi recruter un administrateur territorial supplémentaire? Sommes nous certains que c'est en multipliant les effectifs du cabinet du maire que l'on fera rentrer Angoulême dans l'avenir?
De la même manière, il va bien falloir regarder en face les projets démesurés du moment et réfléchir à un retour au réel. Nous pouvons ainsi:

  •  
    • Revoir les projets pharaoniques à la baisse : dès aujourd’hui, le busway provoque un surcoût de 200K€ (versement transport) et on sait que son budget ne comprend pas toutes les dépenses… N’est ce pas l’occasion de revoir le périmètre de l’ambition du Maire ?
    • Revoir à la baisse les coûts de fonctionnement de la Médiathèque… les travaux sont lancés mais il est fréquent dans ce type d’opération que l’on modifie les projets en cours de route. Il est aujourd’hui incontournable de revenir à plus de modestie et de gagner ainsi une hausse de la dotation de solidarité communautaire…

Pour ce qui me concerne, je trouve que le choix de monter les impôts serait une nouvelle façon de se tirer une balle dans le pied...

Selon les chiffres 2010 du ministère de l’économie, la taxe d’habitation représente en moyenne, pour des villes semblables, 210 euros/habitants contre 225 euros pour Angoulême…tandis que la taxe sur le foncier bâti représente 267euros/habitant contre 399 euros pour Angoulême !!!

Faut-il redire qu'Angoulême a déjà du mal à attirer des habitants? Le taux de vacance des logements est de 15,69% dans notre ville alors que le taux de moyen est de 6,36%... Monter les impôts est la meilleure solution pour accroitre la désertification de la Ville. Prenez vos responsabilités Monsieur le Maire!


C'est peut être là que le bât blesse... en terme de responsabilité, j'ai déjà fait largement savoir que celle de Maire et de PDG de la SEM qui gère l'extension de la zone commerciale de Champniers me semblait contradictoire et que je demandais à Philippe Lavaud de choisir. Sa réponse a été diffusée urbi et orbi...
malheureusement sans répondre au fond de mes remarques!

J'ai donc répondu à sa réponse... en confirmant que si il voulait vraiment me traduire devant les tribunaux, comme il m'en menacait, j'y étais prêt...

En fait de légalité, il serait bon que Monsieur le Maire et Monsieur le PDG commence par le commencement... La Ville et l'Agglomération sont actionnaires de la SEM qui gère l'extension commerciale. Rien d'illégal là dedans... par contre, cela se traduit par différentes obligations dont celle de rendre compte chaque année des actions de la SEM.
Voici donc ce que j'ai écrit au Maire- PDG :

"Au regard de la lisibilité des responsabilités, je crois que vous devriez faire un choix entre votre mandat de Maire et votre responsabilité de PDG.

Au regard du droit, je m’étonne cependant que vous n’ayez pas soumis au conseil municipal le rapport annuel prévu par l’article L.1524-5 du code général des collectivités territoriales concernant votre mandat au sein de la société. Cette obligation légale est là précisément pour permettre un débat démocratique sur la gestion conjointe de ces deux mandats. En choisissant de ne pas remplir cette obligation vous privez les membres du conseil municipal de la faculté de vous interroger sur ce point. Je ne peux que regretter cette légèreté supplémentaire qui ne fait que renforcer l’impression que vous ne souhaitez pas que ces questions soient évoquées devant vos partenaires de la majorité et les élus de l’opposition.

Les acteurs du centre ville, qu’ils soient commerçants ou simplement attachés à une saine notion d’équilibre dans le développement commercial, savent désormais que vous empêchez la simple circulation de l’information sur ce sujet… ils seront donc à l’avenir libres d’en tirer les conséquences"...

 

Je ne sais pas si j'aurai cette fois-ci une réponse sur le fond ou si ce rappel à la loi me vaudra une assignation en justice (!)... mais je suis convaincu que tout est lié: on ne peut pas, dans le même temps, augmenter les impôts, se soustraire à ses obligations de transparence et affirmer que l'on défend sa Ville.

Il y un début de désertification, tout peut s'emballer dans le mauvais sens si l'on n'agit pas très vite!  Il y a certes un problème de dette à gérer, j'ai évoqué ici certaines pistes, mais on ne peut pas utiliser cette situation de crise pour rester aveugle plus longtemps!

 
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    Published by Vincent YOU - dans Angoulême
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    6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:39

    promo-rue-du-commerce.jpegDepuis plus de six mois, la question des zones commerciales de l'agglomération d'Angoulême pose problème. Une fois c'est le maire d'une commune voisine qui demande un moratoire, une fois ce sont les Verts, une autre fois c'est le Président du Tribunal de Commerce... et le lendemain les associations locales de commerçants...

    On aimerait une parole du Maire; on trouve un plan de développement du PDG de la SEM chargée de gérer cette extension exponentielle!

     

    Sur ce type de sujet, nous sommes, je crois, tous mesurés, tout est une question d'équilibre: il doit y avoir de la place pour des commerce de proximité sans vouloir interdire les grandes surfaces. Mais il y a toujours un moment où l'on arrive à la limite.

    A Angoulême, trois zones voisines ne cessent de se développer alors que le centre ville ne cesse de se vider. Il y a pour moi un vrai seuil à ne pas dépasser sans quoi nous ne serons plus une ville de culture, vivante de ses initiatives ludiques, artistiques et commerciales: nous serons une ville dortoir entourée de zones commerciales.

     

    Il y a quelques jours, Philippe LAVAUD a tenu à s'expliquer (interview dans Sud Ouest: ici): ses mots sont ceux d'un PDG qui veut du chiffre, ses projets sont ceux d'un technocrate qui connait son dossier... on cherchera longtemps les attentions d'un maire pour les équilibres d'une agglomération diversifiée, on cherchera en vain le sens du compromis d'un homme qui gère des sujets complexes et humains.

     

    Voilà plus de six mois que je travaille ce sujet. J'ai choisi de crever l'abcès car celui-ci enfle. J'ai découvert que la situation était, en effet, plus délicate que prévue car une adjointe de notre maire se trouve désormais salariée de la SEM en question... qui imaginera qu'il soit possible de commercialiser des mètres commerciaux sur la zone de Champniers en défendant aussi les intérêts de la Ville? qui peut penser que l'on peut sérieusement rester chargée des travaux et être chaque jour en relation d'affaires avec les entreprises qui opérent sur le reste du département?

    On entend déjà trop de bruits nauséabonds pour accepter cette étape complémentaire.

     

    On ne peut pas traiter les questions d'aménagement du territoire en croyant en la "main invisible", en cherchant un développement sans limites, en n'acceptant aucune régulation... comme si les emplois créés dans le commerce ne résultaient pas avant tout de vases communicants!

     

    Il y a trop de désespoir à Angoulême pour laisser les choses en l'état. Il y a un vrai joyau, notre coeur de ville et le souci de garder des boutiques dans chaque quartier: ce devrait être la priorité de l'action d'un Maire. J'ai interpellé Philippe LAVAUD par le courrier ci dessous. Il y a deux questions dont il ne pourra pas faire abstraction!

     

     

    Monsieur le Maire,

     

    Depuis plusieurs mois, je suis préoccupé par la baisse d’activité commerciale du centre ville. Pour ce qui me concerne, j’ai toujours considéré que la vitalité d’une ville-centre était un élément de développement de toute l’agglomération (ce qui n’est pas toujours vrai dans le cas inverse, c’est sûrement un point de désaccord majeur entre nous). La diversité des commerces et des enseignes, comme la vitalité des terrasses et des animations bénéficient à tout le bassin de vie en lui donnant une identité particulière, en lien avec le patrimoine et la vie culturelle de la cité. Un centre ville animé, des commerces de proximité dans les différents quartiers sont des gages d’équilibre. En créant du lien, ils diminuent l’anonymat et donnent les échanges humains qui font notre qualité de vie. C’est pourquoi, il faut veiller à cet équilibre comme l’on veille à un trésor.

     

    A Angoulême, ce qui devrait être l’un de nos atouts premiers est en passe d’être sacrifié.

    L’expansion constante des zones commerciales périphériques, le maintien en l’état d’une place du champ de Mars repoussante, parce que vide et glaciale, et les incompréhensions répétées de la Ville envers les associations de commerçants, nous mettent en situation de voir la désertification progressive de la Ville s’accroître encore.

     

    Soyons clair : depuis le début de votre mandat, votre choix de garder la Présidence de la SEM Territoires de Charente a été vu comme un risque flagrant de conflit d’intérêts.

     

    Ces dernières semaines, avec trois de vos adjoints, vous avez laissé penser que la vitalité commerciale de notre commune n’était pas considérée comme nécessaire alors qu’elle est aujourd’hui dans une grande fragilité.

    Lorsque le représentant de la commune s’abstient en commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) et laisse ainsi la zone des Montagnes s’étendre davantage, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cette démission face à un enjeu structurant. Vos propos récents montrant que vous étiez personnellement favorable à cette extension n’ont pas contribué à dissiper un doute profond à l’égard de vos motivations.

    Lorsqu’une adjointe, à l’occasion de la journée sans voiture, considère que la Fête des Mères n’a pas de sens, sans doute à cause de sa création en 1941, elle fait preuve d’un aveuglement idéologique tout à fait déplacé tout en fragilisant encore notre activité.

    C’est pourquoi, comme je l’ai découvert il y a peu de temps, lorsqu’une autre adjointe se trouve désormais salariée de la SEM en étant « chargée de la commercialisation et de la communication », nous sommes en droit de vous demander de mettre un terme à cette situation. Vous ne devriez pas accepter ce mélange des genres car il laisse imaginer les pires hypothèses et notre Ville n’a pas besoin de ce type de climat délétère.

     

    N’ayant pas connaissance de manière précise du profil de poste occupé par cette adjointe, je ne suis pas en situation d’estimer si elle occupe une place prépondérante qui la placerait en situation d’inéligibilité et donc la rendrait susceptible d’être déclarée démissionnaire d’office. De la même manière, il me semble que la question de savoir si elle pourrait être vue comme une « conseillère intéressée » amènera immanquablement à des modifications, mais je conviens que je n’ai pas tous les éléments pour en juger.

     

    En revanche, au-delà du droit, un sens minimum de l’éthique publique devrait impliquer de ne pas placer notre Ville dans un climat de suspicion encore renforcé.

    De même que pour décider il faut savoir écouter les représentants du personnel, une commune ne peut avoir de partenariat efficace avec les forces qui la composent qu’en construisant une confiance par la cohérence entre les discours et les actes.

    Sans clarification, notre Ville ne pourra pas retrouver cette confiance car les légèretés qui ont conduit à ces erreurs cumulatives sont graves et les effets profonds.

     

    Encore dotée d’une voirie incroyablement dégradée, en but à des problèmes de propreté récurrents, et désormais touchée par une insécurité réelle, notre Ville ne peut pas se payer le luxe d’une crise durable entre l’équipe municipale et ceux qui font la vitalité du cœur de Ville.

     

    Pour apaiser la situation, je ne saurai trop vous conseiller de trancher au plus vite deux questions :

    1/quel choix faites-vous entre votre mandat de premier magistrat et votre fonction de PDG de SEM qui gère des intérêts parfois opposés à ceux de la commune ?

    2/ quel choix fait votre adjointe entre la délégation que vous lui confiez et son emploi dans une SEM où ses missions seront parfois de trouver les commerces qui deviendront effectivement concurrents de nos commerçants habituels ?

     

    J’espère que vous voudrez bien considérer ce courrier avec la plus grande attention. Si vous le souhaitez, je reste à votre disposition pour vous rencontrer.

     

    En vous remerciant par avance des éléments de réponse que vous voudrez bien donner à la crise actuelle, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de toute ma considération.

     

                                                   Vincent YOU

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    31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 19:38

     

     

    secheresse.jpgHier à la Région, j’ai vécu une scène peu commune. Nous devions voter un plan d’aide d’urgence sur la sécheresse. J’ai cru par moment être en réunion de courant du PS, rue de Solferino…

    Il faut admettre un vrai talent d’affichage. La Région agit et met sur la table 5 millions d’euros ; alors que l’Etat, ce gros mastodonte endormi, ne fait rien…ici c’est du sérieux ; je vous passe les couplets sur « un euro dépensé c’est un euro utile »… et autres : je crois même avoir à nouveau entendu « l’ordre juste » faire un passage furtif !

    Le problème c’est lorsque l’on y regarde de plus près… 5M€ ? Mais combien d’éleveurs rempliront les conditions pour toucher la subvention de 1000€ ?

    Henri de Richement avait beau déplorer une politique conditionnelle qui, soit n’aurait pas de résultat (selon certains chiffres évoqués hier, 80 % des éleveurs sont susceptibles de nourrir leurs bêtes avec des OGM), soit provoquerait fraudes et triches, la majorité avait décidé que le temps était venu du « changement de modèle ».

    Vu l’enjeu, les grands mots étaient de sortie: « blocage des prix », « réquisition des céréales », « interdiction du broyage » et « accompagnement de la mutation »… j’ai hésité quelques secondes à rentrer dans ce débat.  Mais il m’a semblé que l’heure était à l’urgence et non à l’exégèse.

    J’ai donc pris la parole pour dénoncer une confusion entre aide d’urgence et schéma d’organisation. Dans le premier cas on aide, on ne vient pas poser des discriminations pour savoir qui peut être aidé et qui doit se débrouiller seul ; dans l’autre cas, on structure et on oriente, par exemple pour refuser les OGM ou pour interdire l’irrigation puisque ces deux axes semblent être ceux qui importent à la majorité régionale.Imposer des critères quand on veut sortir de l'urgence c’est une manière de dire qu’il y a des bons élèves et des méchants.

    Dans mon propos, j ai évoqué l’image du secouriste. Imagine-t-on une seconde qu’il puisse faire le choix entre aider celui-ci et refuser l’autre, simplement parce qu’il n’aurait pas les pneus soutenus par la région ?

    Il y a un vrai clivage entre une lecture de l’urgence et le prima du « changement de modèle »… pour ce qui me concerne, je ne pense pas que l’on change des pratiques à coup de chèque de 1000 euros. Je ne crois pas que l’on puisse avoir des lectures binaires de questions complexes. Sur la question de l’eau, il me semble par exemple qu’il faudrait avancer sur une politique de collecte des excès d’eau pendant l’hiver. Ce n’est pas absurde de penser qu’il y a là une occasion de gonfler les réserves sans contribuer à la sécheresse de l’environnement… pourquoi alors rester sur une position absolue de « changement de modèle » où la seule vérité est celle de la baisse de consommation ?

     

    Pour ne pas être simplement critique, j’ai demandé que la Région, d’ores et déjà, envisage d’organiser une action sur les transports pour que l’on puisse de manière globale et coordonnée envisager d’installer des trains qui permettront d’éviter l’explosion des prix.

    Tous mes interlocuteurs ont validé la pertinence de cette idée. Si on veut éviter des tonnes à 140 euros dans la cour, il faut agir sur les transports et permettre de sortir de la « course à l’échalote » … Après mon intervention, Mme Royal a mis sa délibération au vote. Pas de réponse, pas de commentaire. Vite que l’on affiche 5 millions d’aide, vite que l’on évite les réflexions de fond… D’un côté des subventions sélectives, de l’autre un silence sur des propositions : le masque est tombé !

     

    PS: je découvre à l'instant  que la question des transports n'était pas absurde... puisque mon amie NKM a affirmé ce soir avoir décidé d'avancer dans ce sens! Bravo Nathalie!

     

     

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    25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 15:51

    Madame la Secrétaire Générale,


    En prenant connaissance de la lettre que vous adresse Monsieur le Maire d’Angoulême (diffusée par Charente Libre: ici) , je veux vous dire très simplement mon soutien et ma colère.
    Comme vous le savez, je suis favorable au déménagement des syndicats pour permettre
    l’installation de l’ENJMIN au Nil. J’ai voté cette orientation lors d’un comité syndical de Magelis
    car cela permet à la fois de rénover un point d’accès dans la ville qui en a largement besoin, et de
    renforcer la présence estudiantine dans notre ville.
    Cette orientation étant posée, il me semble évident que ce déménagement ne peut pas s’envisager
    « à l’identique » mais que la diminution logique des surfaces allouées ne doit pas empêcher les
    syndicats de fonctionner.
    Pour moi, l’existence d’un dialogue social fait pleinement partie d’une vie démocratique apaisée.
    Permettre aux syndicats de fonctionner n’est pas une gêne pour un responsable qui sait
    décider. Vouloir les fragiliser et les séparer n’est qu’un signe supplémentaire de fébrilité.
    Dans son courrier, Monsieur le Maire feint de croire que vous n’acceptez pas la moindre diminution
    de superficie et que vous seriez arc-boutée sur une défense des acquis. Cette déformation de vos
    propos me semble grave et révélatrice. C’est pourquoi je tiens à vous exprimer mon soutien.


    Je profite de ce courrier pour vous détailler les raisons de ma colère. En effet, la mauvaise querelle
    qui vous est faite est symptomatique du fonctionnement de la municipalité actuelle.
    Mépris, désintérêt, mise en difficulté des membres de sa propre majorité, incapacité à décider
    ou au minimum à poser des axes cohérents pour la ville… ces caractéristiques ne sont, hélas,
    pas propres à la polémique actuelle.
    Je suis surtout toujours surpris de voir mis en avant des impératifs de gestion alors que la
    majorité en place ne cesse d’engager notre avenir sur des chantiers coûteux et démesurés.


    D’une certaine manière, vous traversez une épreuve qui vous fait être à l’unisson des commerçants,
    des Comités de quartiers, des Associations et Clubs… plus largement de tous ceux qui aimeraient
    que notre commune ait à sa tête un premier magistrat et non un élu fuyant ses responsabilités tout en
    concentrant tous les pouvoirs dans sa main.


    Au-delà de nos différences, et comme je m’exerce à le dire à tous mes interlocuteurs, je vous
    encourage à tenir bon dans cette épreuve. Notre ville a traversé d’autres crises. Elle pourra dans
    quelques petites années trouver d’autres méthodes et d’autres choix.
    Je vous prie de croire, Madame la Secrétaire Générale, à l’expression de tout mon respect et à mes
    cordiales salutations.

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    18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 18:20

    syndicats.jpgPour ceux qui pensent encore avec les réflexes des années 70, la présence d'un maire de gauche est censée être un gage de dialogue social... tout au moins de respect des partenaires sociaux.

     

    Pour ce qui me concerne, j'ai eu l'expérience de travailler avec les syndicats dans trois cas de figure:

    1/ comme DRH d'un hôpital de 700 personnes au moment de la finalisation de la mise en place des 35 heures;

    2/ à Girac, comme directeur financier, notamment pour permettre une bonne compréhension d'un chamboulement complet des règles de financement des hôpitaux;

    3/ actuellement, dans le cadre de mon travail sur les conditions sociales de la mondialisation (j'ai une grande admiration pour Juan Somavia le DG de l'Organisation Internationale du Travail, j'ai apprécié les analyses du représentant de la CGT au BIT; je partage les avis exprimés par Joseph Thouvenel, SGA de la CFTC, dans le colloque que j'ai organisé la semaine dernière à l'Assemblée Nationale notamment sur les questions de traçabilité sociale).

     

    Tout cela pour dire que j'ai appris à voir dans les syndicats des interlocuteurs souvent responsables et toujours dignes de respect. Je sais que certains élus de droite en restent à une lecture de lutte de classes mais, pour ce qui me concerne, j'ai expérimenté l'inverse.

    Je sais ainsi d'expérience combien un dialogue avec les syndicats doit impliquer un comportement clair: dire la vérité n'implique pas de tout accepter; expliquer ses choix n'empêche pas de les faire; prendre des décisions est d'ailleurs plus adapté après avoir discuté et croisé le regard de ceux qui seront les acteurs de ces décisions.

     

    Aujourd'hui, Philippe LAVAUD a choisi de se moquer des partenaires sociaux. Sa présence à une réunion cet après-midi était annoncée... Il ne fut pas présent, laissant ses cadres sans proposition quant au déménagement des locaux syndicaux du Nil. Ceci manifeste un aspect révélateur de sa personnalité: l'absence de considération pour les autres.

     

    Soyons clair: il me s'agit pas pour moi de tout accepter. En l'occurence, comme membre du comité syndical de Magelis, j'ai voté le projet qui consite à installer une école au Nil. Ce point d'entrée dans la Ville mérite d'être réhabilité; l'installation d'un campus de l'image pourra tout à fait y contribuer: il ne s'agit donc pas de s'opposer au principe du déménagement!

    Pour être plus clair encore, il me semble évident que ce mouvement ne pourra pas se faire à l'identique et qu'il est nécessaire de revoir à la baisse la superficie allouée aux différents syndicats. En partant de plus de 2000 m2... on doit pouvoir trouver un lieu fonctionnel tout en baissant la taille!

    Par contre, il me semble méprisant de ne pas accorder des locaux effectivement fonctionnels. Il serait par ailleurs bêtement offenssant de ne pas comprendre que l'idée de "maison des syndicats" qui permet leur présence sur le même lieu correspond à la base même de la fonction de partenaires sociaux... ne pas le voir c'est rester dans des petites stratégies pour espérer diviser et mieux régner...  une misérable méthode qui montre que le maire ne cherche pas à travailler dans la confiance.

     

    Après les commercants, après les comités de quartier, après les clubs de sports, après les amis de la Garden Nef ou de Ludoland, après JC Viollet et d'autres camarades de son parti, après des membres de sa majorité municipale (je prends d'ailleurs les paris qu'il y aura d'autres mouvements sous peu)... les syndicats expérimentent à leur tour un mode de fonctionnement méprisable.

    Avec un telle liste, on comprend mieux le silence de notre maire sur son bilan à mi-parcours...

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    Published by Vincent YOU - dans Angoulême
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    17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 20:43

     

    vic-n3.jpgJ'ai accepté de répondre aux questions du nouveau mensuel gratuit de Charente: VIC (pour Very Important Charente: à lire ici)

    Son rédacteur en chef voulait m'interroger ainsi qu'un élu local de gauche sur la question de l'homosexualité en Charente. A l'arrivée, le texte diffusée est plus cours que celui envisagé... et il n'y a pas d'élu de gauche!

    Je comprends bien que les impératifs du bouclage final ait pu provoquer des coupes. Sur un sujet complexe qui mérite des propos précis, il me semble cependant nécessaire de vous faire connaître la version complète de mes propos.

    Quant au silence de la gauche, je ne sais comment l'interpréter. Pour ce qui me concerne, je crois que la crise politique que nous traversons implique des élus qu'ils sachent assumer, défendre et partager leurs convictions. C'est la raison pour laquelle j'ai accepté de répondre à ces questions, en espérant qu'il soit possible de débattre sans subir de caricatures! La première façon d'être responsable c'est d'essayer d'être cohérent. Pour ceux ou celles qui voudront m'interroger sur ces questions, autant qu'ils puissent le faire sur le texte complet!

     

    Est-ce que vos opinions concernant l’homosexualité diffèrent de celle de Mme Boutin ?

    Globalement, non. Mais pour les opinions développées à ce sujet par Christine Boutin, Il y a beaucoup de stéréotypes qui lui collent à la peau qui sont loin de la réalité.

     

    Trouvez-vous légitime les revendications sociales d’une communauté, en l’occurrence homosexuelle, souhaitant être protégé socialement comme tout couple hétérosexuel ? 

    Je suis totalement en faveur d’une protection des libertés publiques. Si je le traduis en terme simple, c’est la possibilité pour chacun de vivre sa vie sans être montré du doigt, sans être regardé bizarrement et sans remise en cause de son choix d’orientation sexuelle. 

     

    Vous condamnez fermement tout ce qui peut être lié à l’homophobie ou apparenté ?

    Clairement et sans aucune ambiguïté. 

     

    On en vient au PACS. Faites-vous partie des personnalités politiques, comme Nicolas Sarkozy,  qui voteraient maintenant la loi alors qu’ils l’avaient combattue à l’époque.

    Le pacs était, soit disant, une grande attente de la part de la communauté homosexuelle mais les chiffres  nous révèlent  une autre réalité : 94% des PACS de l’année dernière sont des couples hétérosexuels. La question du PACS représente des enjeux différents, si on est dans l’une ou l’autre catégorie.

     

    C’est tout de même une reconnaissance sociale pour un couple homosexuel qui n’existait pas avant l’adoption du PACS.

    De nombreux juristes nous disent qu’il y avait beaucoup de possibilités pour aménager le droit de façon à ce que tous les aspects de la vie quotidienne deviennent plus faciles pour les couples homosexuels. 

     

    Vous auriez préféré un aménagement du droit plutôt qu’une loi spécifique ?

    J’ai l’impression que le PACS est utilisé par beaucoup comme une sorte de « fiançailles ». C’est une période de la vie qui correspond à un amour entre deux personnes qui ne souhaitent pas se marier ou qui ne peuvent pas. A l’époque du débat du PACS, ce n’est pas comme cela qu’on le présentait mais plutôt comme « une attente de la communauté homosexuelle » et je n'ai pas l’impression qu’elle l'ait utilisé. 

     

    Il y a une très forte attente, de la part des couples homosexuels, d’une loi leur permettant d’accéder à l’adoption...

    Sur ce sujet, je ne peux pas les rejoindre. Il y a deux conceptions du droit, il y en a une, républicaine, qui a pour objectif premier de protéger le plus faible. Je ne pense pas que le droit soit fait pour s’adapter à toutes les situations individuelles. D’autre part, ce qui est très important c’est que l’on puisse garder pour chaque enfant un lien avec son père et sa mère.

     

    Doit-on condamner ce désir d’enfants ?

    Toutes les personnes homosexuelles n’ont pas ce désir d’enfant. Mais cela me semble assez naturel.

     

    La  république n’a-t-elle pas le devoir de protéger tout ces enfants ? D’autant qu’il est facile de contourner la loi en se rendant dans un pays tel la Belgique qui est le pays le plus adéquat pour bénéficier d’une FIV pour couple homosexuel. Des enfants nés sur le sol français n’ont-ils pas les mêmes droits que les autres enfants ?

    La cadre démocratique signifie que nous sommes capables de faire nos choix. L’argument des autres pays, qui permettrait de contourner les lois, ne me parait pas pertinent. Ou alors arrêtons de faire des lois et des choix démocratiques dans notre pays ! Je suis favorable à ce qu’il y ait un vrai débat, que ce ne soit pas quelque chose qui se fasse par tentatives de jurisprudence et que cela se traduise par un référendum. 

     

    Christine Boutin a écrit un livre en 1998 qui s’appelle « Le mariage des homosexuels ».  Elle écrit ceci : « où placera-t-on la frontière pour un enfant adopté entre l’homosexualité et la pédophilie ». Vous êtes un proche de Mm. Boutin, que vous inspirent ces propos?

    Il y a une grande différence entre les deux. Franchement je doute de cette citation !

     

    Au Etats-Unis, il y a entre 6 et 14 millions d’enfants concernés par l’homoparentalité, il faudra bien prendre en considération ce chiffre pour enfin protéger ces enfants comme tout citoyen...

    Je reste et je resterai attaché à la dimension symbolique de la loi qui est faite pour protéger l’enfant et lui donner son droit premier qui est d’avoir un père et une mère.

     

    Considérez-vous à présent, en 2011 dans un milieu rural tel que la Charente, que l’homosexualité est acceptée?

    J’imagine que dans certains lieux, face à des personnes spécifiques, il doit y avoir des difficultés. Nous devons tous contribuer à faciliter les choses.

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