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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 00:40

Tout n'est pas politique... et heureusement!

En cette période de préparation de la fête de Noël, il est toujours nécessaire de regarder ce qui nous tire vers le haut...

 

Une petite vidéo qui mérite d'être partagée!

 

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 18:36

906722_france2012-elections-ump-sarkozy-meeting.jpgEncore 13 jours avant de connaître le visage de celui qui sera le prochain président de la France.

N'étant ni Sarkolatre ni Sarkobéat, je tiens à exprimer les raisons de mon vote en sa faveur.

Certains savent que ma carrière hospitalière a eu une parenthèse de trois ans durant laquelle j'ai été chef de cabinet de Ministre du Logement et de la Ville puis rapporteur dans le cadre de la préparation du G20.

Je tire de ces deux expériences un souvenir nuancé sur l'exercice du pouvoir dans un monde ultra-médiatisé mais aussi une conviction claire qui guide mon choix du 6 mai.

Sans avoir la prétention de détenir la vérité, je veux témoigner de deux points qui me semblent décisifs:

 

1/ dans un monde compliqué, SARKOZY est un chef qui sait entendre et défendre les aspirations populaires.

La vie gouvernementale est ainsi faite que la continuité des administrations pose le risque permanent de voir les bonnes idées bloquées par  les noeuds à la tête des chefs de bureau et autres sous-directeurs. Rien de grave en soi, ce n'est pas un complot larvé de gratte-papier. C'est le poids de la complexité et aussi un peu la lourdeur d'un Etat qui sait davantage contrôler qu'impulser. Dans ce contexte, inutile de dire que les attentes populaires sont écrasées. S'il n'y a pas  un rapport officiel pour attester le contraire, le réel n'existe pas. On voit donc bien souvent des Ministres éminemment sympathiques se casser les dents sur ce mur. Et c'est ainsi que le fossé se creuse entre l'électorat et ses représentants. Je peux dire que Nicolas SARKOZY non seulement a conscience de ce gouffre mais qu'il sait faire en sorte de le limiter. Que ce soit sur la facilitation de l'accès à la propriété, la politique d'hébergement pour les SDF ou le développement d'une politique de la Ville renouvelée autour des centres "Défense Deuxième Chance", je peux dire que les arbitrages politiques qu'il a donnés ont permis une impulsion que Bercy redoutait, bien quelle fût nécessaire. C'est un Président qui décide, pas un roi fainéant. Certains on pu parler d'omni-président, j'ai moi plutôt constaté une vraie capacité à pousser les lignes pour franchir les barrières.

Pardon de dire à ceux qui soutiennent HOLLANDE qu'ils ne peuvent avoir aucune certitude sur ce point et qu'il est même plutôt permis de douter du patron qu'il serait...

 

2/ dans la mondialisation actuelle, SARKOZY a su remettre la décision politique au premier plan. C'est peu dire qu'il y a une prise de conscience de ce que Philippe SEGUIN avait nommé le "Munich social". Pendant trente ans, les gouvernements français successifs n'ont cessé de penser que le libre-échange n'appelait aucun équilibre. Il fallait ouvrir sans limites les frontières pour ne pas être ringard. J'ai eu l'occasion d'évoquer avec Henri GUAINO cette bizarrerie: pendant tout le temps de mon travail pour le G20, je n'ai jamais trouvé quelqu'un qui sache justifier de notre choix de laisser rentrer la Chine dans l'OMC. Alors on m'objectera que le G20 n'est pas un gouvernement (ce qui n'est pas souhaitable) et que sa prise de décision est lourde et parfois tardive. C'est une certitude, tout en restant un problème. Mais je voudrais partager avec vous une anecdote. Le 28 mai 2011, je participais à une "réunion de haut niveau" sur la dimension sociale de la mondialisation (attention! je n'étais que l'accompagnateur de Christine Boutin qui y présentait certaines propositions).

Les débats tournaient notamment autour de la question du respect des droits fondamentaux et de la nécessité de mettre celles-ci au même niveau que les règles commerciales. Un vrai débat politique avec des chinois et indiens qui appuyaient sur le frein!

A l'heure du déjeuner, je me suis retrouvé assis à côté de la secrétaire générale de l'AFL-CIO (les syndicats américains). Je me souviendrais toute ma vie de sa remarque: "Votre Président est étonnant: chez nous il serait classé à l'extrême-gauche!" ce qui fit beaucoup rire les chinois de la table...  Je veux bien rêver de "renverser la finance" et "remettre l'argent à sa place" mais il faut aussi voir comment pense le reste du monde. Aujourd'hui, je crois profondément que les mots qui furent les siens étaient aussi et d'abord ceux de toute la tradition française. SARKOZY parlait avec verve et talent, mais ses mots dépassaient son personnage pour donner corps à la France. Pour tous les diplomates et politiques présents ce jour là c'était une évidence: on retrouvait la France!

 

Pour moi, c'est un point capital de mon choix. Nicolas SARKOZY a montré sur la scène internationale qu'il savait incarner la France. Pas une puissance moyenne, pas seulement un des 27, pas un allié ou un adversaire mais un pays bien particulier, riche d'une histoire hors normes et porteur de valeurs universelles.

Pardon de dire à ceux qui soutiennent François HOLLANDE qu'ils n'ont aucune assurance que celui-ci soit capable de porter haut et fort ce qui fait notre pays...

 

En m'adressant aujourd'hui à tous les charentais lecteurs de ce blog (les autres sont bienvenus aussi ;-)) je veux avoir en particulier un mot pour ceux qui ont choisi au premier tour les bulletins BAYROU, DUPONT-AIGNAN ou LE PEN.

Pensez-vous que les valeurs de la France puissent être aujourd'hui une variable d'ajustement? Pensez-vous que la France a encore des choses à dire au monde? Pensez-vous que nous puissions confier la magistrature suprême à quelqu'un qui n'a aucune expérience de haut niveau? Pensez-vous que le candidat HOLLANDE ait montré sa capacité à décider, son sens politique pour faire bouger les lignes et son énergie pour convaincre?

 

Chacun fera son choix. Mais on ne peut pas vouloir sortir de la dette, retrouver une légitime fierté nationale ou réussir la réforme fondamentale de notre système éducatif sans avoir montré quelques capacités.



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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:28

7-morts.jpgTrois crimes successifs, deux jours de trêve politique et, dès ce matin, un suspect et une polémique.

La trêve aura peu duré. Aujourd'hui la campagne présidentielle a déjà repris sa place. Certains y verront un symbole positif : celui d'un pays démocratique qui est plus fort que la folie meurtrière d'un homme.

 

Pour ma part, je trouve que les débats de ces derniers jours ont laissé place à de sérieux dérapages qui doivent être dénoncés.

Le premier dérapage c'est celui de François Bayrou: à l'heure du recueillement devant l'école ensanglantée, alors que l'enquête suivait son cours, celui-ci n'a rien trouvé de mieux que de dire, finalement, que tout venait de Sarkozy et de son discours de Grenoble!

Autant je ne suis pas un adepte de ce fameux discours (je l'ai dénoncé en son temps ici ), autant cette polémique mal venue me semble détestable. Bayrou c'est finalement celui qui prêche toute l'année l'union nationale mais qui n'est pas capable de se taire lorsque les gens pleurent. Il avait déjà fait le coup en étant seul à critiquer la mise en berne des drapeaux pour la mort de Jean-Paul II... c'est un récidiviste de la démagogie au milieu du recueillement, ce qui est un peu gênant lorsque l'on prêtant être un homme d'Etat!

 

Deuxième dérapage chez Marine Le Pen. Dès ce matin, elle propose d'organiser un référendum sur la peine de mort. Chez Le Pen, les morts ne sont pas enterrés qu'on  appelle déjà au vote et à la vengeance... quelle bassesse! Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout ce qu'elle dit est à jeter ou qu'il ne faudrait prêter attention à aucune des souffrances qu'expriment ses supporteurs. Il faut parler de tout, rejeter absolument la pensée unique sans pour autant laisser les Le Pen mener la danse.

Par contre passer aussi vite, là aussi, du deuil à l'appel à la mort est révélateur d'une façon de faire où la raison est au second plan. Le choix n'est pas celui de l'expression d'une conviction: c'est celui de jouer avec les doutes et les angoisses que provoquent des émotions aussi fortes...

Comment voir les choses autrement? Mme Le Pen essaye de se refaire une santé en exploitant la colère des uns et la peur des autres.

 

21.03_enterrement-israel-Capture-ecran-BFM-TV-930x620.jpg_s.jpgQuelles vraies réponses de fond peut-on porter à ceux qui sont capables de tuer de sang-froid des enfants et ceux qui nous protègent?

Pour moi, il s'agit de reconstruire des valeurs de cohésion. Le fanatique c'est souvent celui qui se jette dans la violence et le terrorisme pour répondre à une société qui ne porte plus que la consommation ou le culte de l'ego. Le triomphe de l'individualisme provoque  le geste fou de celui qui préfère se suicider pour une cause qui le dépasse. Une société sans repères qui ne sait plus transmettre ses valeurs et son histoire a deux types d'enfants: les zombies et les fanatiques (j'emprunte l'expression à Finkielkraut dans La défaite de la pensée... un ouvrage de 1987 qui gagne à être relu!)

Les vraies réponses politiques sont donc à chercher dans ce qui fera que nous cesserons d'être une société de marché pour retrouver un projet collectif. J'ai déjà évoqué ( ici ) quelques pistes lors du drame de Soyaux, elles me semblent toujours d'actualité: 

1/ Cesser de nous flageller pour réapprendre à faire aimer la France et ses valeurs:  retrouver le sens de l'autorité et distinguer ce qui relève de l'instruction et de l'éducation pour restaurer l'école dans ses missions et mieux responsabiliser les parents. Le choix de la violence c'est souvent le choix de celui qui ne trouve pas sa place et qui ne sait pas se faire comprendre autrement que par les coups...

2/ Recréer un service national obligatoire qui soit un temps d'effort pour les autres, de cohésion et de transmission; mais aussi une année donnée qui permette de revitaliser nos territoires (dans mon idée, ce service devrait être piloté par la gendarmerie mais construit en lien avec tous les services publics locaux; les armées sont axées sur la projection, elles doivent le rester).

3/ Cesser de penser que la vie est un long fleuve tranquille et la modernité un temps sans conflit: nous avons des ennemis; ils doivent savoir que nous savons être plus forts que leurs cris et leurs méthodes. Ceux qui moquent nos soldats ou ne leurs accordent pas les moyens de travailler  sérieusement doivent aujourd'hui se remettre en question.

 

Espérons que, de ce drame, sorte aussi un bien: celui d'un débat politique qui affrontera des vraies questions de fond. Il va désormais être difficile de se satisfaire d'une joute où les uns et les autres se limiteront à proposer une taxe ici ou une réformette par là...

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:32

BONNE-ANNEE-2012.jpg2012 l'année de tous les dangers?

Entre les dettes souveraines et les emprunts toxiques, on peut craindre que les prochains mois soient lourds de remise en question!

Mais puisqu'il s'agit aussi d'une année d'élection ... on peut ausi rêver que ce débat national soit l'occasion de vrais choix.

 

Je ne vais pas rentrer ici dans le débat présidentiel. Je veux simplement attirer votre attention sur une réflexion ouverte ici et là qui va gagner de l'ampleur prochainement dans notre région.

La question est simple: comment faire pour que nos indicateurs politiques soient en phase avec nos attentes?


Nous avons souvent comme point de repère l'évolution du PIB (Produit Intérieur Brut). Mais celui-ci ne fait que mesurer la production marchande ce qui ne résume pas nos vies personnelles et nos aspirations collectives.

Deux exemples pour le démontrer: lorsqu'une tempête souffle, des maisons sont détruites puis reconstruites... il y a de l'activité mais c'est un drame. Le PIB monte mais nous sommes dans la souffrance. A l'inverse, lorsqu'une personne cesse d'être salarié pour faire du bénévolat, il y a moins de rémunération mais plus de gratuité et de liens. Le PIB baisse alors que nous trouvons sans doute une société plus paisible...

Malheureusement, notre réflexe premier est de prendre la hausse du PIB comme un bon signe et sa baisse comme un mauvais signal. Il faut donc construire un autre tableau de bord qui prenne en compte vraiment ce qui compte pour chacun de nous.

 

Cette réflexion n'est pas nouvelle mais elle est susceptible d'avancer et de se traduire dans les faits.

Depuis plus d'un an, je préside un groupe de travail sur ce sujet suite à une demande de Ségolène Royal.

Je n'ai pas changé de camp; je pense toujours que l'opposition doit savoir utiliser sa capacité d'indignation pour que l'unanimité structurelle de la majorité ne suffise pas à résumer une question.

Pour autant, il est nécessaire de savoir ranger les armes pour travailler sur le fond et la prospective.

 

La construction d'un indice du bien-être doit impliquer une démarche non partisane. C'était le cas dans ce groupe. Je crois que nos propositions méritent un large débat. J'en prends ma part aujourd'hui en créant un blog spécifique sur ce sujet. C'est une occasion de présenter les travaux en cours, de faire parler des charentais sur leur bien-être et de vous donner la parole.

Je ne sais pas aujourd'hui si les prochaines élections seront, ou non, l'occasion d'un débat de fond ou si il sera écrasé par les rumeurs et les affaires.

A mon petit niveau, je veux cependant construire un outil qui permette de chercher ce qui fait nos richesses aujourd'hui, ce qui a du prix pour nous et qui devrait être au coeur de nos objectifs politiques.

Cela ne peut se résumer au travail d'un groupe. Je vous invite dès aujourd'hui à prendre part à ce débat. Prendre la parole sur http://indice-bien-etre.fr/ c'est une façon simple de tirer la politique vers le haut!

 

Pour terminer et très naturellement, je souhaite à chacun une année où ce qui est essentiel prendra le pas sur nos craintes, où nous pourrons conserver ou redécouvrir la joie de prendre son temps pour ce qui compte, où nous pourrons résister à ce qui nous tire vers le bas, transmettre ce qui mérite d'être donné et construire un monde digne de notre condition humaine.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:50

g20.jpgLes images de Cannes nous parviennent par flots continus. Au delà du ballet des délégations, le contexte financier européen nous montre bien que les lieux de pouvoirs se déplacent. Dans la globalisation actuelle, les Etats semblent contournés de toutes parts et l'on se demande si il reste une place pour la volonté politique et citoyenne.

 

A mon sens, le succès de ce sommet pourra être mesuré sur trois critères:

 

1/ la France a-t-elle su faire accepter la nécessité d'une régulation financière? Même minime ou seulement européenne il s'agirait d'une réelle avancée. L'enjeu est celui la maîtrise de la spéculation donc du primat des choix politiques sur la virtualité financière... la France était isolée mais l'Allemagne semble s'être rapprochée ... il y  a  17 autres pays (+  l'Union Européenne) à convaincre...

2/ la France a-t-elle su construire des outils de maîtrise de la volatilité des matières premières? La aussi, notre pays est en pointe et l'enjeu considérable: les impacts se traduisent tant dans la faim d'un milliard de personne que dans la crise de notre agriculture...

3/ la France a-t-elle su convaincre que l'on ne pouvait plus accepter une globalisation hémiplégique basée sur le "moins disant social"? Va-t-on modifier le fonctionnement des règles du commerce mondial? va-t-on reconnaitre d'autres normes universelles que celles du commerce? va-t-on imposer aux multinationales, qui ont des chiffres d'affaires supérieurs au PIB de certains Etats, d'être exemplaires et d'avoir un sens global (donc aussi social et environnemental) de leur responsabilité?

 

J'ai assisté en mai dernier à une réunion préparatoire du G20 sur ces questions sociales. J'ai un souvenir cuisant de deux anecdotes:

1/ Tous les pays semblaient accepter l'objectif de la France de parvenir à un accord pour que les droits fondamentaux des travailleurs (les 8 conventions de l'Organisation Internationale du Travail: liberté syndicale,interdiction du travail forcé et du travail des enfants...) soient reconnues par tous et intégrés aux règles de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Deux voix discordantes: l'Inde qui expliquait que les droits fondamentaux n'avaient pas de dimension universelle (ce qui revient à dire que nous n'avons pas la moindre valeur commune!); la Chine qui a joué au plus mesquin en affirmant que "les droits fondamentaux sont très importants mais doivent être traités dans le cadre de l'OIT" (sous-entendu: pas à l'OMC où l'on traite de choses sérieuses!);

2/ lors de cette même journée, je me retrouve à déjeuner avec une responsable nationale de l'AFL-CIO (les syndicats américains) qui me dit sans fard: "quel Président vous avez, dans notre pays il serait d'extrême-gauche"...

 

Vous savez tous que je ne suis pas un sarkozyste béat. Si je n'avais qu'une critique à formuler à son égard ce serait un reproche fondamental: avoir laissé penser que la réussite d'une vie était liée d'abord à sa dimension financière. Mais,pour autant, la politique étrangère a ceci de fascinant qu'elle efface les personnalités politiques derrière les lignes de fond d'une tradition diplomatique. Même si cela peut en surprendre certains , la voix de la France portée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy c'est celle qui consiste à dire que le monde ne peut plus fonctionner sans règles qui limitent l'appat du gain.

D'ici à la fin de ce sommet, nous verrons si la voix de la France portée par l'énergie de notre Président aura pu nous permettre d'être les pilotes de la sortie de la globalisation et de l'entrée dans une mondialisation équilibrée.

Le contexte n'a jamais été aussi favorable!

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 12:21

passcontraJe suis un bon soldat... mais pas une girouette!

il y a tout juste un an , nous menions campagne pour les régionales en expliquant que les choix de Ségolène Royal sur le Pass Contraception ne touchait pas au fond du sujet. Sur des questions aussi complexes que la prévention des grossesses précoces, nous disions que nous ne pouvions pas imaginer règler ces sujets "à coup de chéquiers"... il faut dire, que nous étions à l'époque accompagnés par le Ministre de l'Education Nationale qui refusait alors ce qu'il cautionne aujourd'hui!

 

Comment va-t-on y voir clair lorsque le même Ministre revendique aujourd'hui ce qu'il rejettait hier?

 

Le fond de la question mérite autre chose que ce type de mascarade. Il s'agit d'adolescence et d'éducation... pas de jouets ou de réalités désincarnées!

 

De mon côté, j'ai déjà eu l'occasion sur ce blog (ici) de détailler les raisons pour lesquelles je m'opposais aux dispositifs mis en place par Mme Royal... les mêmes raisons sont aujourd'hui opposables à MM Huchon et Chatel (même si le choix régional en juin 2010 se portait sur un autre circuit, d'où la première partie de mon article d'alors)!

 

Reprenons les arguments principaux:

 

1/ sur les questions d'adolescence, il y a deux type des familles: celles où le dialogue parents-enfants existe et les autres. Pour les premières, il est regrettable de court-circuiter ce dialogue en montant toute une organisation pour contourner les parents. Pour les secondes, c'est justement la mission des éducateurs de rendre les conditions de ce dialogue possible... opposer les professionnels aux parents, c'est détruire tous les efforts pour mieux articuler l'école et la famille!

2/ sur les questions de sexualité, on aurait tort de se limiter à une réponse strictement sanitaire. L'important c'est de donner du sens à la vie affective, et non de laisser croire que tout se joue avec le recours à la pilule. Il suffit de lire les propos de Boris Cyrulnik, par exemple, pour bien voir que l'enjeu est ailleurs. Si il n'y a pas d'éducation à l'amour, on peut toujours se réfugier derrière un chéquier... ce sera plus une démission des adultes qu'un progrès!

 

Sur un point plus politique, je ne peux pas accepter de suivre un tel revirement. On parle de revaloriser l'autorité parentale? on parle de revenir aux fondamentaux? d'être fidèle à nos engagements de campagne?

Pour ma part, je n'ai pas peur de mon ombre. Toutes les questions délicates méritent d'être regardées en face. Pas en appliquant des méthodes qui s'opposent à nos valeurs les plus importantes.

 

La question des grosses précoces et de l'ivg des adolescentes sont compliquées. Peut-on en parler sans être caricaturé? Comme fonctionnaire hospitalier, je connais très concrètement cette réalité... pas seulement par des statistiques et des effets de mode. Je suis le premier à souhaiter que nos politiques permettent d'éviter à nos ados de briser leur jeunesse... il ne s'agit donc pas de mener un combat sur la loi Veil sur le dos des jeunes. Non, il s'agit de savoir si on pense vraiment que les premiers éducateurs sont les parents... si on le pense, on ne peut pas accepter de l'affirmer en menant une politique qui s'y oppose.

 

Une dernière remarque: jusqu'à maintenant pour qu'il y ait grossesse précoce, il faut un garçon et une fille... n'est ce pas un aveuglement que de se limiter à une politique qui oublie que les garçons sont aussi concernés?

Soyons un peu sérieux! On peut créer un chéquier, celui de Mme Royal n'a été utilisé que 40 fois en 2010 après une gigantesque campagne de publicité...j'attends de mon ministre de l'Education Nationale qui soit plus imaginatif!

Nos électeurs n'attendent pas de lui qu'il copie Ségolène Royal.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 16:51

collectif---digne-la-vie.jpgDe temps à autre, les débats parlementaires prennent un visage particulier. On sort du droite-gauche, pour aller sur des questions de fond... et les votes prennent une autre portée.

Hier au Sénat, il y a eu un débat de haute tenue sur la question de l'euthanasie. Haute tenue, mais grande confusion dans les votes.

Il s'agissait de voter pour une loi sur "l'assistance médicalisée à mourir". La commission du Sénat l'avait adoptée, montrant que certains centristes du Sénat faisaient basculer la majorité.

Pendant toute  la semaine, nous avons vu une extraordinaire mobilisation des soignants, des associations et des responsables politiques pour éclairer un choix qui ne pouvait pas relever d'un vote en catimini.

 

Personnellement, j'aime bien quand les lignes bougent et que les consciences prennent le dessus sur les consignes de vote. Ici c'est un cas d'école!

Le texte présenté est cosigné par trois sénateurs: Godefroy (PS), Fischer (PCF) et Fouché (UMP)... ce dernier étant notre voisin de la Vienne.

Parmi les partisans du texte: Jean-Luc Roméro, qui fut longtemps membre du RPR et de l'UMP et a choisi de passer au PS il y a quelques mois; la majeure partie des sénateurs du PS dont nos deux charentais Bonnefoy et Boutant, en accord avec Martine Aubry mais aussi Valérie Létard, ex-membre du gouvernement et élue Nouveau Centre du Nord...

Parmi les opposants: le PCD, la majeure partie de l'UMP, dont JP Raffarin et C. Belot, mais aussi Ségolène Royal qui a fait part des ses "grandes réserves"...

 

Soins-20palliatifs.jpgLa question n'est pas simple et elle nécessite une précision: vouloir l'euthanasie ce n'est pas seulement vouloir stopper les souffrances. Refuser l'euthanasie, ce n'est pas vouloir la souffrance.

Beaucoup d'entre nous sont marqués par des deuils familiaux qu'ils ont traversés entre souffrances extrêmes, sentiment d'abandon et attente sans fin.

Pour ma part, je parle ici comme cadre hospitalier, j'ai eu à mettre en place des services et équipes de soins palliatifs. J'ai vu une réponse, un accompagnement et une capacité à accompagner le malade vers la mort.   Je tiens ici à saluer tous ces professionnels et bénévoles qui rendent cet accompagnement possible, même si il est clair que cette alternative crédible n'est pas encore suffisamment déployée. Je tiens à dire aussi que refuser l'euthanasie, c'est aussi refuser l'acharnement thérapeutique, cette tendance (que nous avons trop souvent eue) à faire durer les soins alors que l'espoir est vain et la fin inéluctable.

A l'inverse, je reste convaincu  qu'une législation qui autorise la mise à mort est une démission de notre humanité... un sondage récent manifeste que nous sommes encore majoritaire à le penser.

 

Pour reprendre les justes mots d'Emmanuel Hirsch : "plutôt que de considérer la dépénalisation de l'euthanasie comme l'expression moderne de la liberté, ne conviendrait-il pas d'accorder plus d'attention et de témoigner une autre disponibilité aux personnes en attente d'humanité, là où on leur propose la mort comme unique solution?"

Hirsch préside le collectif Plus Digne la vie, dont je connais plusieurs membres fondateurs et dont je suis signataire.

Quid des avis des autres élus charentais? Nos quatre députés voteront-ils cette fois dans le sens de S.Royal et dans le sens du gouvernement ou comme leurs collègues sénateurs? réponse dans quelques semaines lorsque le texte passera à l'Assemblée Nationale...

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 13:47

Entre galettes et couronnes, le mois de janvier est très largement marqué par l'exercice traditionnel de la présentation des voeux.

Les associations succèdent aux comités de quartiers, les familles aux amis et les élus aux services de l'Etat, le tout en mêlant des souhaits pour chacun et l'occasion de préciser les perspectives de l'année qui commence.

Bien naturellement, et dans la mesure du possible, je suis amené comme conseiller régional à y prendre ma part. 

Dans cet exercice, on s'attend au meilleur, ce qui n'empêche pas de tomber parfois sur le pire.

 

Exemples de légèretés entendues ici ou là:

"Nous sommes contents que tout se  passe bien": en guise de conclusion sur le bilan 2010, peut on imaginer cette formule dans la bouche d'un autre que le maire d'Angoulême? .. rien sur les problèmes de sécurité, le déclin constant du centre ville, l'angoisse des familles confrontées au chômage... rien à dire,  pas de projets à présenter: circulez il n'y a rien à voir!

 

"La démocratie participative, ça permet d'être à l'écoute": c'est le discours convenu d'un élu municipal reprenant la vulgate régionale devant un comité de quartier, sans avoir conscience que la présidente du comité en question vient d'évoquer avec amertume une réunion municipale où un élu l' a tenue au silence en lui disant: "vous, vous n'avez rien à dire!"... toute la salle a vu le hiatus, mais pas notre élu... et le gouffre entre ville et la population s'est encore élargi!

 

royal-et-mitterrand.jpgDans un autre registre, à Jarnac ce samedi, ce qui devait être une occasion de marquer le souvenir d'un chef d'Etat s'est transformé en course à l'échalote en vue des primaires du PS... et dire que je me suis un instant interrogé pour savoir si cela pouvait être ma place!

J'avoue ne pas être mitterrandien pour deux sous: l'instrumentalisation du FN, l'art du machiavélisme, et la gestion catastrophique du début de septennat, suivie de la célébration sans sourciller de la pensée unique la plus aveugle, me semble faire pencher son bilan dans le négatif. Mais j'étais prêt à mettre tout cela de côté pour montrer que c'est une bonne chose que nos institutions permettent la durée et les changements de majorité... bref, un signe d'espoir dans une période où l'on pense souvent que la politique n'a plus sa place ... Hélas, la lutte entre Ségolène et Martine a pris le dessus, transformant l'évènement en un banal exemple de querelles personnelles. Entendre notre Présidente de Région profiter de cette journée pour faire du buzz en disant son "envie" me parait un exemple supplémentaire d'un glissement de la politique dans la course médiatique. Comme si on devenait homme (ou femme!) d'Etat seulement par envie! Un bel exemple de transformation d'une occasion de marquer notre unité en un exemple de triomphe des individualismes.

 

Trois mauvais exemples qui ne suffisent pas à gommer les milles gestes positifs qui doivent éclairer notre année. D'un côté, cette phrase entendue samedi matin "les forces du don sont à l'oeuvre dans notre monde marqué par la violence, ne cessont pas de les voir". Une belle façon de dire que, même après les meurtres d'Alexandrie, notre espérance ne doit pas se laisser doubler par la peur. De l'autre, la présence poursuivie des bénévoles, les échanges de voeux qui sont d'abord l'occasion de veiller à ce que nul ne soit isolé, les multiples réunions où l'on se retrouve au-delà des étiquettes et des choix personnels parce que l'on se reconnait membre d'une même communauté...

 

Pour ce qui me concerne, je souhaite marquer ce début d'année par un clin d'oeil à une communauté qui marque notre Charente dans la plus grande discrétion. Ils sont nombreux à revenir vers nous en ce début d'année. Après plusieurs mois au Kosovo et des fêtes de Noël passées loin de leurs familles; après un long séjour en Afghanistan ou dans d'autres missions, ils ont montré que leurs choix professionnels étaient marqués par le sens de l'engagement et du service. Loin des légèretés de certains, souhaitons que leur exemple soit salué à sa juste valeur. Aujourd'hui encore, dans notre région cette fois-ci, une famille de militaire est marquée par le deuil.C'est le 53è mort français en Afghanistan, un jeune homme qui va au bout de sa fidélité en donnant sa vie et qui nous met face aux conséquences de nos choix. Sachons saluer sa mémoire et soutenir sa famille.

 

 

 

Pour ceux qui reviennent, on imagine que la disparition de leur camarade de peloton va donner un sens particulier à leur retour. Ces quelques images (ici avec des familles américaines, mais ce type d'émotion est universel) nous donnent un, petit, aperçu de ce que de nombreuses familles vivent ces jours ci en Charente.

Souhaitons nous de faire de 2011 une occasion de sortir des banalités. Il y a parmi nous beaucoup de gens qui donnent et se donnent. Il reste à canaliser cette énergie et cette générosité pour qu'elles ne soient ni dilapidées, ni submergées par la légèreté des autres. Les problèmes sont nombreux, les urgences tout autant... souhaitons que ceux des politiques qui ne se laissent pas entrainer dans la légèreté trouvent la manière de construire des majorités pour faire face aux gravités de notre temps.

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 16:17

rpr-1991.gifEn entendant la liste du remaniement, j'avoue avoir eu un éclair: "bon sang mais c'est bien sûr! on refait la séquence 98/99!"

 

de quoi s'agit-il?

Souvenons nous...

 

En 1998 le Secrétaire Général du RPR était Nicolas Sarkozy et son porte-parole François Fillon... (le Président étant Philippe Séguin).

Ils prenaient la suite de l'équipe dont le Président était Alain Juppé.

En 1999, arrivait à la Présidence du RPR Michèle Alliot-Marie, élue par les militants face à d'autres candidats dont François Fillon...

 

En 2010, Nicolas Sarkozy est Président de la République, François Fillon est Premier Ministre, Alain Juppé est n°2 du gouvernement et Ministre d'Etat, Michèle Alliot-Marie est n°3 du gouvernement et Ministre d'Etat...

4 sur 4!

On m'objectera que le Protocole Républicain intègre aussi le Président de l'Assemblée Nationale et celui du Sénat... mais Bernard Accoyer et Gerard Larcher viennent tous de la même boutique...

 

Bref, moi qui vient du RPR, je ne peux que comprendre l'impression de déséquilibre que donne ce gouvernement.

 

Je veux bien faire crédit à cette nouvelle équipe d'une connaissance de l'Etat et d'une capacité à mener cette nouvelle étape avec pugnacité... mais il va vite falloir montrer que la diversité n'est pas un problème, que les différences sont des richesses et que la République n'est pas une affaire de famille...

Le pire dans l'histoire, c'est que je continue à regretter la disparition de Philippe Séguin!

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 14:32

Cette semaine, j'ai eu la chance de me rendre au Bangladesh pour étudier la manière de lutter contre la pauvreté dans le cadre de la mondialisation. On ne pouvait pas trouver meilleure destination. C'est à la fois un des pays les plus pauvres au monde (le salaire minimum est aujourd'hui de 1650 takas soit environ 15 euros par mois... il sera en novembre de 3000 takas, soit environ 30 euros!) mais aussi un lieu de créativité.

Yunus-aime-les-pommes.jpg

 

A l'occasion d'une rencontre avec le Professeur Muhammad YUNUS, j'ai pu mesurer la hauteur de vue de cet homme simple, serein et déterminé.

On ne peut qu'être impressionné par une telle rencontre. En cette période trouble où nous cherchons comment faire avancer le monde pour sortir de la course aveugle au court terme, il est de ceux qui ouvrent des voies et nous rendent l'espoir.

L'histoire du micro-crédit est sur ce point exemplaire. Tout commence par un dialogue avec une pauvre femme. En constatant que celle-ci est enfermée dans sa pauvreté car elle n'a pas accès au crédit bancaire, il met en place la Banque des pauvres. La méthode consiste à prêter à tous, sur la base d'une solidarité familiale ou de groupe. Après quelques années, plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde ont pu bénéficier de ce dispositif.

 

P1020449.JPGC'est ce succès qui explique son Prix Nobel de la Paix de 2006. Pas de paix sans justice, pas d'avenir sans souci des plus pauvres. Sur la base de ce succès, il met en place d'autres idées ambitieuses.

J'ai pu visiter un hôpital ophtalmologique magnifique et accessible à tous, une usine de Yaourt lancée avec Danone pour montrer que les entrepreneurs sociaux peuvent conjuguer localisation de la production, responsabilité sociétale et diffusion au plus grand nombre des produits nutritifs de base.

 

D'une certaine manière, je crois que le 21ème siècle est en train de se fabriquer quelque part entre Dakha et Bogra, entre les rizières et les bidonvilles.


Petit clin d'oeil à la Charente et à Daniel Sauvaitre, président de l'Association nationale pommes poires (ANPP, qui regroupe les deux tiers de la production française):  on sait donc maintenant que la table de travail du Prix Nobel de la Paix est toujours garnie de pommes... comme en témoigne la photo prise à son attention.

Dans le cadre de ses fonctions de Président de l'UMP 16, il m'arrive d'avoir des divergences avec Daniel. Rien que de très normal. Mais j'ai toujours su qu'il est profondément un homme de paix et de dialogue. Maintenant je sais pourquoi!

Il me reste à savoir si le Professeur YUNUS connaît les Belchards... du fait de notre convergence de vues sur de nombreux points, d'autres dates arriveront pour défendre  des propositions communes. J'aurai donc l'occasion de poursuivre mon enquête...

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